Annales de l’INRAT, 2013, 86, Numéro Spécial Centenaire BEDHIAF-ROMDHANI et al. 93 ____________________________________ 2 : CRRA Sidi Bouzid, BP 357, 9100 Sidi Bouzid, Tunisie Article de synthèse Caractérisation et gestion des ruminants pour une meilleure productivité: Un demi-siècle de recherche scientifique à l’INRAT S. BEDHIAF-ROMDHANI 1 , S. ABIDI 1* , N. ATTI 1* , H. BEN SALEM 1* , M. BEN SALEM 1* , N. LASSOUED 1* , M.H. OTHMANE 1,2* * Les co-auteurs ont contribué à part égale à la rédaction de cet article et sont cités par ordre alphabétique 1 Laboratoire des Productions Animales et Fourragères, Institut National de la Recherche Agronomique de Tunisie, Rue Hédi Karray-2080 Ariana-Tunisie. Auteur correspondant : romdhani.sonia@iresa.agrinet.tn RESUME L’amélioration des performances des ruminants par la maîtrise de la conduite alimentaire des adultes et des jeunes et de la physiologie de la reproduction et par la voie génétique demeure le principal axe de recherche du laboratoire de Zootechnie de l’INRAT depuis sa création dans les années 60. Ce travail de longue haleine a permis aux chercheurs de ce laboratoire dénommé actuellement laboratoire des Productions Animales et Fourragères d’identifier des atouts et des faiblesses des races autochtones ovines, caprines et bovines et aussi de développer des stratégies visant une meilleure production de viande et de lait. La race Barbarine s’est distinguée par la diversité génétique de ses écotypes, ses aptitudes d’adaptation aux milieux les plus difficiles, ses capacités de mobilisation de réserves corporelles à différents stades physiologiques et sa récupération en réponse à une réalimentation. Le désaisonnement de la Barbarine pourrait être interrompu en ayant recours à l’utilisation de l’effet bélier ou à des techniques hormonales. Une étroite relation entre les niveaux alimentaires, l’efficacité de la lutte en contre saison et la fertilité des femelles a été démontrée. Sur le plan génétique, cette race s’est caractérisée par des effets génétiques directs de croissance pondérale faible en période pré-sevrage (20%) et élevée en post-sevrage (48%). Une tendance inverse est obtenue pour les effets génétiques maternels. De cette race a été créée la souche prolifique «W» qui est caractérisée par un taux de prolificité moyen de 160%, calculé sur une période de 20 ans (1979-1998). Des pratiques d’alimentation des jeunes ovins et caprins sur parcours ou à l’auge ont été testées et optimisées (utilisation du concentré, de la paille traitée à l’ammoniac ou à l’urée, des chaumes de céréales, des sous produits des oliviers, des composés des ressources pastorales, des ressources alimentaires alternatives et locales et des blocs alimentaires et des bouchons à base de sous-produits agro-industriels). Un itinéraire technique a été proposé pour l’amélioration de la conduite et de la gestion génétique de la race laitière Sicilo-Sarde. L’adaptation de cette race et d’autres races à la restriction et privation de l’eau d’abreuvement et à la salinité de cette eau a été récemment étudiée. Un agnelage d’hiver, une conduite sur prairie et un sevrage des agneaux à 45 jours permettront une meilleure production laitière quantitative et qualitative, un maintien de paramètres de reproduction satisfaisants et une réduction des charges alimentaires. L’injection d’un nouveau sang Sarde et une évaluation génétique appropriée ont permis l’amélioration des performances de production et de reproduction des brebis. Pour les caprins, un programme de rationnement adapté au cycle physiologique a été basé sur des ressources conventionnelles ou alternatives. Dés la première génération de croisement des