90 Au terme d’une campagne où les enjeux européens ont été dominés par les enjeux intérieurs, notamment par la gestion des conséquences de la crise économique et financière mondiale et par la préparation des futures élections au Bundestag, ces élections européennes confirment la double crise programmatique et stratégique du SPD, lais- sant présager la fin du gouvernement de « grande coalition » à Berlin après les élec- tions législatives du 27 septembre 2009. Les enjeux L’organisation du scrutin Les élections européennes de juin 2009 sont les septièmes au suffrage universel direct depuis 1979. Organisées conjointement dans les 27 pays de l’Union européenne, elles portent sur le renouvellement des 736 députés du Parlement européen. En Allemagne, 99 députés sont élus au scrutin proportionnel dans le cadre d’une circonscription unique. Le mode de scrutin utilisé pour élire ces 99 députés a des implications fortes sur la stratégie des partis. Les listes peuvent être constituées soit au niveau du Bund, soit au niveau des Länder. Pour les formations qui ne disposent pas d’au moins cinq députés au Parlement européen, au Bundestag ou dans un Landtag (le Parlement d’un Land), la constitution d’une liste fédérale est soumise à la présentation de 4 000 signatures de soutien accordées par des citoyens ; la constitution d’une liste régionale à 2 000 signatures. Les listes sont bloquées et le panachage interdit. Toutefois, les partis peuvent décider de lier leurs listes régionales, afin que leurs scores respectifs soient agrégés en vue de la réparti- tion des sièges. Comme pour les élections au Bundestag, le seuil d’accès à la représentation Les élections européennes en Allemagne : Superwahljahr, acte II Organisées au cœur dʼune année électorale exceptionnelle, les élections européennes du 7 juin 2009 sont marquées en Allemagne par une sévère défaite des sociaux-démocrates du SPD, une bonne résistance des chrétiens-démocrates de la CDU, une percée des libéraux du FDP et un coup dʼarrêt pour la gauche radicale Die Linke. Florent GOUGOU ATER – IEP de Grenoble Doctorant au Cevipof-Sciences Po