1169-8330/$ - see front matter © 2011 Société Française de Rhumatologie. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. Revue du Rhumatisme 78S (2011) A35-A36 Colloque de recherche Microbiote intestinal et spondylarthrites : quelles perspectives ? Maxime Breban a, b,* , Ariane Leboime a , Ingrid Fert b , Jean-Pierre Furet c a Service de Rhumatologie, Hôpital Ambroise Paré, AP-HP et Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, 92100 Boulogne-Billancourt, France b Département d’Immuno-Hématologie, Institut Cochin, INSERM U1016, CNRS UMR8104, 27 rue du Faubourg Saint-Jacques, 75014 Paris, France c Institut National de la Recherche Agronomique, 78350 Jouy-en-Josas, France INFO A RTI CLE Mots clés : Spondylarthrite Ankylosante Spondylarthrite Microbiote intestinal Maladie Inflammatoire Chronique de l’Intestin Les spondylarthrites (SPA) constituent l’un des rhumatismes inflammatoires chroniques les plus fréquents, leur prévalence ayant été estimée à 0,3 % de la population adulte française. Sur le plan anatomo-clinique, elles combinent de façon variable des atteintes inflammatoires du squelette axial (articulations sacro-iliaques, rachis, paroi thoracique antérieure) et des membres (enthésites, arthrites périphériques), ainsi que des atteintes extra-articulaires particulières dont les plus fréquentes sont les uvéites antérieures aigues, le psoriasis et les maladies inflammatoires cryptogénétiques de l’intestin (MICI). Il est habituel de distinguer parmi les SPA, la spondylarthrite ankylosante qui se définit par une atteinte rhumatologique prédo- minant sur le squelette axial et notamment une sacro-iliite radiolo- gique indiscutable, les rhumatismes associés à un psoriasis ou à une MICI, et les arthrites réactionnelles (ARé) déclenchées par une infection bactérienne intestinale ou uréthrale. En l’absence d’élé- ment distinctif, on parle alors de spondylarthrite indifférenciée. La pertinence de cette séparation reste cependant débattue, compte- tenu de la coexistence des différentes formes de SPA, aussi bien dans le temps chez un patient donné, que dans une même famille, suggérant l’existence de facteurs étiologiques communs [1]. La cause des SPA reste largement méconnue. L’hérédité y tient une place importante, pouvant rendre compte d’après les estimations de 90 % de leur déterminisme [1]. Parmi les facteurs génétiques de susceptibilité aux SPA, l’allèle HLA-B27 du complexe majeur d’histo- compatibilité est le plus important, même si d’autres gènes ont récemment d’être impliqués, Il est intéressant de noter que nombre d’entre eux sont connectés à la voie Th17, elle-même liée à la réponse anti-infectieuse aux bactéries et aux levures [2]. Il existe de nombreux arguments faisant évoquer un lien entre une inflammation de la muqueuse digestive et les SPA. Tout d’abord, la fréquence de la maladie de Crohn et de la recto-colite- hémorragique (RCH) est de 5 % à 10 % au cours des SPA, soit 20 fois plus qu’attendu dans la population générale. Cette association non fortuite peut s’expliquer au moins en partie par des facteurs de pré- disposition génétique partagés entre SPA et MICI [3-5]. Même chez les patients ayant une SPA sans MICI avérée, des études histologi- ques systématiques ont mis en évidence des perturbations inflam- matoires de leur muqueuse digestive [6,7]. Enfin, le modèle du rat transgénique pour le HLA-B27 et la β2-microglobuline humaine (rat-B27) illustre de façon frappante ce lien. En effet certaines lignées de ces rats développent spontanément une RCH qui précède l’apparition d’arthrites périphériques [8]. Compte-tenu des éléments précédents, il est légitime de s’inté- resser au rôle du microbiote intestinal dans la pathogénie des SPA. On peut suspecter son rôle comme inducteur d’une inflammation de la muqueuse intestinale, mais aussi des structures articulaires, du fait de la diffusion vers ces dernières, soit de constituants microbiens, à la faveur d’une augmentation de la perméabilité muqueuse, soit des cellules responsables de la réponse immunitaire, comme les lympho- cytes T [9]. Toujours dans le modèle du rat B27, il a été montré que le microbiote intestinal était indispensable au développement de l’inflammation intestinale et des arthrites, puisque les animaux élevés en isolateur stérile en sont protégés [10]. Des expériences de reconstitution ont montré que certaines bactéries étaient inductrices d’inflammation [11]. Notre objectif est d’étudier la composition du microbiote intestinal chez les patients atteints de SPA, avec ou sans MICI. Déclaration d’intérêts Les auteurs ne déclarent aucun conflit d’intérêt. Références [1] Breban, M., C. Miceli-Richard, Elena Zinovieva et al. (2006). "The genetics of spon- dyloarthropathies." Joint Bone Spine 73(4):355-362. [2] Brown, M. A. (2010). "Genetics of ankylosing spondylitis." Curr Opin Rheumatol 22(2): 126-132. Adresse e-mail : maxime.breban@apr.aphp.fr