1 Les avatars des connotations du « divin » dans l’œuvre originale de N. Kazantzaki et ses traductions française et anglaise Maria CONSTANTINOU 1. Introduction Le présent article, axé sur les connotations construites en réseaux, tente d’esquisser, dans une visée littéraire, une analyse sémio- linguistique de l’élément « divin » de l’œuvre romanesque de N. Kazantzaki Ο τελευταίος πειρασμός (1951), et ses traductions française et anglaise: La dernière tentation du Christ, traduit par Michel Saunier (1959) et The last Temptation of Christ par P. A. Bien (1960). Partant du principe selon lequel dire différemment c’est dire autre chose (Adam 1997), nous postulons que la traduction, travail de réécriture par excellence, relève de l’altération. En effet, au cours de l’opération traduisante, le sens subit une série d’avatars amenant à une démultiplication de significations. Si la traduction « est le mode le plus banal, le plus admis, le plus visible des transformations qui font qu’un texte est à la fois toujours le même et un autre » (Meschonnic 1999, 175), elle est aussi un processus fluctuant d’imprégnation et de distanciation, de rapprochement et d’éloignement. Dans cette perspective, la traduction est vue sous l’angle d’une pratique dialogique agissante, elle fonctionne comme une « brèche », donnant également accès au texte original. La traduction est abordée comme un miroir oppositionnel, un ‘autre versant 1 ’. 1 Au sujet de l’ « autre versant », voir Berman (1984, 20).