Annales de dermatologie et de vénéréologie (2010) 137, 72—77 CLINIQUE Prendre des risques pour ces maladies qui empêchent de vivre : l’exemple des dermatoses affichantes du visage How far can we go in diseases that make life difficult: The example of disfiguring dermatoses D. Penso-Assathiany a,* , B. Cribier b , A. Petit c , P. Wolkenstein d , S. Consoli e , pour le groupe d’éthique de la Société francaise de dermatologie a 30, avenue Victor-Cresson, 92130 Issy-les-Moulineaux, France b Clinique dermatologique des hôpitaux universitaires de Strasbourg, 67000 Strasbourg, France c Service de dermatologie, hôpital Saint-Louis, 75010 Paris, France d Service de dermatologie, hôpital Henri-Mondor, 94000 Créteil, France e 7, rue Mouton-Duvernet, 75014 Paris, France Introduction Dominique Penso-Assathiany Le groupe d’éthique de la Société franc ¸aise de derma- tologie travaille depuis novembre 2007. Jusqu’au forum éthique des Journées dermatologiques de Paris 2008, ont participé à ce travail par ordre alphabétique : Christine Bodemer, Olivier Chosidow, Sylvie Consoli, Bernard Cribier, Dominique Penso-Assathiany, Antoine Petit, Pierre Wolken- stein. Nous vous proposons dans cet article, une synthèse des interventions présentées pendant ce forum. Pour le préparer, nous nous sommes librement interrogés sur nos pratiques, nous avons revisité les dogmes et autres recommandations. Pour nous, l’éthique est ce questionne- ment libre mais aussi une tentative de réponse si possible Auteur correspondant. Adresse e-mail : dompenso@wanadoo.fr (D. Penso-Assathiany). prospective et plac ¸ant toujours l’homme au centre de nos préoccupations. On peut interroger de grandes questions sociétales dans des colloques (clonage, fin de vie, cellules souches, fichage, etc.) ; nous pouvons aussi, devant un malade en particulier, questionner sa souffrance, nos acquis théo- riques, les recommandations des autorités, afin de tenter d’apporter une réponse adaptée au problème de « ce » patient là. C’est ce que nous avons choisi de faire dans ce forum, à partir de la souffrance psychosociale engendrée par les dermatoses affichantes du visage. Pourquoi le visage ? Le visage (en latin, visus, participe passé de videre, voir) est ce que nous donnons à voir en premier et que nous voyons en premier chez l’autre. Il est le point de départ de notre relation à l’autre et à la société qui l’accepte ou le rejette en fonction de ce qu’il montre. Il est aussi porteur d’une symbolique importante, à la fois personnelle et familiale [1]. Les dermatoses bénignes, mais affichantes du visage, inductrices de souffrance, justifient-elles la mise en œuvre 0151-9638/$ — see front matter © 2009 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. doi:10.1016/j.annder.2009.11.013