S86 IV e Congrès International d’Épidémiologie « Du Nord au Sud » / Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique 58S (2010) S51–S98 F4-4 Évaluation de l’effet de différentes combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine, sur l’incidence du paludisme dans une zone hyperendémique de paludisme au Mali I. Sagara , B. Fofana , B. Sidibe , A. Togo , S. Toure , A. Dicko , O. Doumbo , A. Djimde Mots clés : Traitements ; Répétitifs ; Paludisme Introduction.– Les combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (CTAs) recommandées par l’OMS pour le traitement de paludisme non compliqué, comportent un médicament d’action rapide et de courte durée de demi-vie (déri- vés de l’artémisinine), et un autre médicament partenaire d’action lente et de longue durée de demi-vie. Le choix du médicament partenaire d’une CTA peut avoir un effet sur le taux de l’incidence du paludisme quand le même traitement est administré chez un patient pour traiter l’accès palustre successif au cours de l’année. Cette étude a pour objectif principal d’étudier trois différentes CTAs sur l’incidence du paludisme au Mali. Méthodes.– C’était une étude randomisée ouverte comparant trois CTAs (780 patients ; 260 dans chaque bras de traitement) : l’artemether-lumefantrine, l’artesunate/amodiaquine, et l’artesunate/sulfadoxine-pyrimethamine (AS/SP), chez les patients âgés de 6 mois et plus, souffrant de paludisme non compli- qué, à Bougoula-Hameau, Sikasso, Mali. Pour chaque épisode consécutif de paludisme non compliqué, le patient recevait le même traitement du départ et était suivi pendant 28 jours. Les échecs thérapeutiques étaient traités par la quinine. Les incidences de paludisme ainsi que les événements indési- rables (EIs), étaient enregistrés durant la période d’étude (juillet 2005–juin 2007). La régression de Poisson avait été utilisée pour l’estimation du taux d’incidence. Résultats.– Au total, le nombre moyen d’épisodes de paludisme était 2,99, 2,93 et 3,59 pour l’AS/AQ, l’AS/SP et l’AL, respectivement. En considérant l’AL comme le traitement de référence, les patients traités avec l’AS/AQ et l’AS/SP avaient 15 % et 17 % moins de risque d’avoir d’épisodes de paludisme respectivement (p <0,001). Le taux d’efficacité de ces CTAs était supérieur à 95 %. Les vomissements étaient moins fréquents dans le bras AR-L (8,9 %) par rapport au bras AS/AQ (21,6 %) ou AS/SP (23,2 %), p < 0,001. Discussion/Conclusion.– L’AS/AQ et l’AS/SP étaient associées à moins d’épisodes répétés de paludisme par rapport à l’AL. Ce qui pourrait signifier l’avantage de l’AS/AQ et l’AS/SP à la réduction du fardeau de paludisme plus rapidement dans les zones de forte transmission palustre par rap- port à l’AL. Les vomissements étaient cependant moins fréquents dans le bras AL. doi:10.1016/j.respe.2010.06.124 F4-5 La quiescence : un mécanisme de résistance de Plasmodium falciparum à l’artémisinine B. Witkowski a,b , J. Lelièvre a,b , V. Laurent a,b , X.-Z. Su c , A. Berry b,d , F. Benoit-Vicala b a CNRS, laboratoire de chimie de coordination, UPR8241, université de Toulouse-III, Toulouse, France b Service de parasitologie-mycologie, CHU de Toulouse, faculté de médecine de Rangueil, université de Toulouse-III, Toulouse, France c Malaria Functional Genomics Section, Laboratory of Malaria and Vector Research, National Institute of Allergy and Infectious Diseases, National Institutes of Health, Bethesda, Maryland, États-Unis d UMR3 MD-UM-UPS, université Paul-Sabatier Toulouse-III, Toulouse, France Mots clés : Résistance ; Paludisme ; Artémisinine Introduction.– L’artémisinine (ART) montre une activité antipaludique très rapide, y compris contre les souches résistantes aux autres antipaludiques, et sans effets secondaires majeurs. Pour limiter les risques d’apparition de résis- tance, ce composé et ses dérivés sont maintenant systématiquement utilisés en association avec d’autres agents antipaludiques, comme recommandé par l’Organisation mondiale de la santé depuis 2005. Les artemisinin-based combi- nation therapies (ACTs) sont à l’heure actuelle la première ligne thérapeutique dans le traitement de l’accès simple du paludisme à Plasmodium falciparum, dans la majeure partie des zones d’endémies. Cependant, la mise en évidence récente, en Asie du Sud-est, d’un foyer de moindre sensibilité à l’artésunate, le dérivé le plus utilisé dans les ACT, complique de fac ¸on importante les stratégies thérapeutiques. Méthodes.– Après des pressions de sélection au long cours in vitro, une souche de P. falciparum résistante à l’ART et à certains de ces dérivés, a été obtenue. Résultats.– Cette souche a montré la capacité de résister pendant 48 heures à une dose d’ART 7000-fois plus élevée que celle qui inhibe la crois- sance de la souche contrôle. La pression de sélection médicamenteuse induite par l’ART, sélectionne ainsi une sous-population de parasites aux stades jeunes (forme ring), qui peuvent arrêter leur développement et rester en forme quiescente. Parallèlement, des modifications transcriptomiques ont été observées, laissant possible l’identification de gènes impliqués dans ce phénomène Discussion/Conclusion.– C’est la première souche, expérimentalement sélec- tionnée, résistante à l’ART et à ses dérivés. Elle sera donc un outil majeur pour mieux comprendre les mécanismes de résistance aux antipaludiques, et iden- tifier les gènes impliqués dans ce phénomène (futures cibles), mais aussi pour tester différentes solutions thérapeutiques. doi:10.1016/j.respe.2010.06.125 Session G2 – Épidémiologie des cancers – 4 G2-1 Diminution récente de l’incidence du cancer du sein (2003-2006), Loire-Atlantique, France A.-M. Fontenoy a , C. Leux a , S. Delacour-Billon a , J.-S. Frenel b , M. Campone b , F. Molinié a a Registre des cancers de Loire-Atlantique et de Vendée, Nantes, France b Service d’oncologie médicale, centre de lutte contre le cancer Nantes-Atlantique René-Gauducheau, Saint-Herblain, France Mots clés : Cancer du sein ; Traitement hormonal de la ménopause Introduction.– Une baisse des taux d’incidence du cancer du sein a été observée récemment aux États-Unis, en Australie et en Europe. Cette baisse a été en partie attribuée à la diminution de l’utilisation des traitements hormonaux de la ménopause (THM). Une diminution de prescription des THM a été observée en France. Notre objectif était de décrire l’évolution de l’incidence des cancers du sein en Loire-Atlantique, en fonction des caractéristiques du cancer recueillies au niveau individuel. Méthodes.– Tous les cancers du sein incidents entre 1991 et 2007 ont été recen- sés par le registre des cancers de Loire-Atlantique et Vendée. L’évolution des taux d’incidence du cancer du sein a été étudiée selon l’âge, le mode de décou- verte, le statut des récepteurs hormonaux, le type histologique et le grade de la tumeur. Les taux d’incidence ont été standardisés sur la population mondiale. Les pourcentages annuels de changement des taux d’incidence ont été estimés par des régressions de Poisson. Résultats.– Le taux d’incidence du cancer du sein a augmenté de 3,5 % par an entre 1991 et 2003, a diminué de 4,3 % par an entre 2003 et 2006 et a augmenté de 9,1 % en 2007. La baisse observée entre 2003 et 2006, concernait principalement les femmes âgées de 50 à 64 ans. Dans cette classe d’âge, l’incidence des cancers du sein découverts par dépistage organisé a augmenté pendant la même période. La diminution a concerné particulièrement les tumeurs ayant des récepteurs hormonaux positifs, de type lobulaire et de bas grade. Discussion/Conclusion.– Les caractéristiques des femmes (tranche d’âge de prescription importante du THM) et des cancers pour lesquels une diminution récente de l’incidence a été observée, semblent en faveur d’un impact de la baisse d’utilisation du THM. doi:10.1016/j.respe.2010.06.126