310 Dialyse / Néphrologie & Thérapeutique 7 (2011) 301–343 On a noté une qualité de dialyse caractérisée par un KT/V moyen de 1,4 ± 0,2. Les états inflammatoire et nutritionnel étaient caractérisés par une CRP moyenne à 12,3 ± 17,1 mg/L, une albu- minémie moyenne à 38,4 ± 4,3 g/L et un cholestérol total moyen à 1,6 ± 0,39 g/L. Sur le plan clinique, tous les patients HDC étaient en euthyroïdie clinique. Sur le plan biologique, on a classé les patients en 2 catégories : hypothyroïdiens et euthyroïdiens. Aucun cas d’hyperthyroïdie n’a été noté. Les patients présentant une hypo- thyroïdie biologique étaient au nombre de 18, soit une prévalence estimée à 33,3 %. Parmi ces patients, 13 (soit 72,2 %) étaient sous traitement substitutif hormonal à base de la L-thyroxine, dont 3 (soit 16,6 %) n’étaient pas contrôlés. L’hypothyroïdie biologique n’était pas substituée chez 5 patients (soit 27,7 %) car le taux de TSH n’était pas très élevé. La cause de l’hypothyroïdie était : la thyroïdectomie totale ou subtotale dans 8 cas, le traitement par cordarone dans 6 cas et elle était primaire dans 4 cas. La thyroïdec- tomie était pratiquée pour goitre mutlihétéronodulaire (GMHN) dans 7 cas et dans un cas d’adénome vésiculaire. Les patients euthy- roidiens étaient au nombre de 6 dont 5 cas de GMHN et 1 cas de thyroïdite. Discussion.– Les troubles thyroïdiens chez les patients hémodia- lysés sont souvent représentés par une hypothyroïdie biologique avec une euthyroïdie clinique : « le syndrome de la maladie euthy- roïdienne ». Les données de la littérature restent pauvres sur ce sujet. La substitution hormonale n’est pas toujours indiquée. Ce dysfonctionnement endocrinien est grave, puisqu’il représente un puissant facteur de risque de morbi-mortalité cardio-vasculaire. Conclusion.– Un dépistage systématique à la fois clinique, bio- logique et échographique des anomalies thyroïdiennes chez l’hémodialysé chronique est primordial. doi:10.1016/j.nephro.2011.07.104 AD20 Évaluation de l’état nutritionnel et prévalence de la dénutrition chez l’hémodialysé chronique K. Hassani , T. Aatif , A. Alayoud , M.A. Hamzi , O. Maoujoud , M.R. El Farouki , M. El Amrani , D. Montasser , M. Benyahia , D. Kabbaj , Z. Oualim Néphrologie-dialyse-transplantation rénale, hôpital militaire d’instruction Mohammed V, Rabat, Maroc Introduction.– L’état nutritionnel a un impact direct sur la qua- lité de vie et la survie globale des hémodialysés chroniques, pour cela il est nécessaire de l’évaluer régulièrement chez cette population. Plusieurs méthodes sont disponibles à savoir l’anthropométrie, l’évaluation subjective globale, les dosages bio- logiques et l’évaluation de la composition corporelle (masse grasse et maigre) par bio-impédance notamment. L’objectif du travail est de comparer l’évaluation de l’état nutri- tionnel des hémodialysés chroniques par l’évaluation subjective globale, l’anthropométrie, les données biologiques et les données de l’impédancemétrie et en déterminer les prévalences respectives de dénutrition. Patients et méthodes.– Il s’agit d’une étude transversale mono- centrique observationnelle réalisée en janvier 2011 au sein du notre unité de dialyse, ayant inclus 40 patients adultes en hémodialyse périodique de plus de 03 mois. Nous avons analysé les paramètres démographiques, de dialyse adéquate et les paramètres nutrition- nels. Discussion.– Il s’agit de 40 hémodialysés chroniques d’âge moyen (extrêmes) de 50,7 ± 16,55 (85 et 18) ans. La sex-ratio était à 1. L’ancienneté médiane en hémodialyse était de 36 mois. La néphropathie initiale la plus fréquente était une néphropathie indéterminée dans 32,5 % des cas. La prévalence de la dénutri- tion était de 42,5 % en se basant sur l’IMC, de 30 % selon l’apport protidique, de 20 % selon l’évaluation subjective globale (SGA), de 90 % selon le taux d’albumine et de 55 % selon le taux de pré-albumine. Les corrélations entre les différents paramètres nutritionnels ont montré, d’une part une corrélation entre la pré-albumine et le périmètre musculaire brachial (r = 0,33, p = 0,034), entre la masse maigre (bio-impédance) et respectivement la pré albumine (r = 0,53 ; p < 0,001), l’albumine (r = 0,37 ; p = 0,018), entre la masse grasse (bio-impédance) et la pré albumine (r = -0,35 ; p = 0,026), et d’autre part une corrélation entre la masse maigre (bio-impédance) et respectivement le périmètre musculaire brachial (r = 0,39 ; p = 0,012), le pli cutané tricipital (r = -0,47 ; p = 0,002), et entre la masse grasse (bio-impédance) et respectivement l’indice de masse corporelle (IMC), le périmètre brachial et le pli cutané tricipital (r = 0,59, p < 0,001 ; r = 0,44, p = 0,004 ; r = 0,61, p < 0,001). Conclusion.– La dénutrition représente une cause non négligeable de morbi-mortalité chez l’hémodialysé. Sa prévalence dans notre travail était diversement appréciée selon le paramètre étudié avec une moyenne de 45,6 %. Les principales corrélations étaient entre la masse maigre et l’albumine–pré-albumine et entre la masse grasse et les données anthropométriques. doi:10.1016/j.nephro.2011.07.105 AD21 Quantification de la dialyse : quel Kt/V choisir ? T. Aatif , A. Alayoud , K. Hassani , M.A. Hamzi , O. Maoujoud , D. Montasser I , Y. Zajjari , D. El Kabbaj , M. Benyahia , Z. Oualim Néphrologie, dialyse et transplantation rénale, hôpital militaire d’instruction Mohammed V, Rabat, Maroc Introduction.– La quantification de la dose de dialyse devient plus précise et plus simple après l’avènement de la dialysance ionique (DI) et l’utilisation des méthodes d’estimation du volume de dis- tribution de l’urée (V). L’objectif du travail est de déterminer la corrélation entre Kt/Vsp (Daugirdas 2 e génération) et Kt/V (DI) (V = Watson), Kt/V (BI) (V = bio-impédance) et évaluer la qualité de dialyse selon les trois méthodes, définie par un Kt/V > 1,4. Patients et méthodes.– Étude transversale mono-centrique observa- tionnelle, menée chez 35 hémodialysés chroniques (HDC) stables, 35 séances d’hémodialyse étaient évaluées. Durant chaque séance, nous avons déterminé le Kt/V (DI) (Kt : module OCM : online clea- rance monitor du générateur 5008 Fresenius Medical Care [FMC] ; V : estimé par la formule de Watson), le Kt/V (BI) Kt : OCM ; V : bio- impédance par le moniteur BCM : Body Composition Monitor (FMC) et calculé le Kt/Vsp (Daugirdas 2 e génération) en pratiquant des dosages sanguins d’urée avant et après chaque séance. L’analyse statistique était effectuée par l’anova à mesures répétées et le test de Pearson. Un p < 0,05 est considéré statistiquement significatif. Résultats.– Trente-cinq HDC (19 hommes, 16 femmes), d’âge moyen ± ET (extrêmes) de 50,49 ± 15,47 (26,76) ans. Nous avons noté une différence entre les trois méthodes d’évaluation de l’indice Kt/V : Kt/Vsp, Kt/V (DI) et Kt/V (BI) (1,82 ± 0,29 – 1,45 ± 0,23 – 1,8 ± 0,33 ; p < 0,001), une forte corrélation positive entre Kt/Vsp et Kt/V (DI) (r = 0,71 ; p < 0,001), d’une part, et une très forte corré- lation positive entre Kt/Vsp et Kt/V (BI) (r = 0,80 ; p < 0,001), d’autre part. Le pourcentage de dialyse adéquate (Kt/V > 1,4) selon les trois méthodes : Kt/Vsp, Kt/V (DI) et Kt/V (BI) était respectivement de 100 %, 57,1 % et 88,6 %. Discussion.– Nos résultats suggèrent que le Kt/V est différent selon la méthode utilisée pour l’estimation du V. Les trois méthodes (Kt/Vsp, Kt/V [DI] ou Kt/V [BI]) peuvent être utilisé pour la quantification de dialyse avec une très forte corrélation positive statistiquement significative entre le Kt/Vsp et Kt/V (BI). Le faible pourcentage de dialyse adéquate pour le Kt/V (DI) par rapport aux autres méthodes est expliqué par le fait que la formule de Watson surestime le V et donc sous estime le Kt/V. Conclusion.– L’association de la dialysance ionique et des méthodes d’estimation du volume de distribution de l’urée permet de simpli- fier et rendre plus précise la quantification de dialyse, pour mieux appliquer les recommandations de dialyse adéquate et améliorer la morbi-mortalité chez l’HDC.