TITE 2/13 ET II PIERRE 1/1 : DES TEXTES FORMELS EN FAVEUR DE LA DIVINITÉ DE JÉSUS ? Réponse à Luca MARULLI, « Jésus est-il divin ? », « Revue Adventiste », juil.-août 2016, pp 6-8. ___________________________________________________________________________ L’auteur, s’appuyant sur les avis d’un certain nombre de savants hellénisants, nous explique qu’il convient de traduire ces versets de la façon suivante : - Tite 2/13 : « En attendant la bienheureuse espérance et la manifestation de la gloire de notre grand Dieu 1 et Sauveur 2 , le Christ Jésus… » - II Pierre 1/1 : « … ayant reçu une foi dans la justice de notre Dieu et Sauveur Jésus- Christ. » (Signalons que le Chanoine Osty retient cette traduction, tout en indiquant en note l’autre possibilité : « de notre Dieu et du Sauveur Jésus-Christ ».) Fort de sa démonstration, l’auteur pose la question des traducteurs de ces textes. Il lui semble qu’ils sont influencés par leurs présupposés théologiques. Cela est tout à fait possible (c’est malheureux), mais ne l’est pas toujours. Maurice Carrez (qui à ma connaissance n’est pas Témoin de Jéhovah) donne les traductions suivantes dans son NT interlinéaire grec/français : - Tite 2/13 : « la manifestation de la gloire du grand Dieu et du Sauveur de nous, Jésus- Christ ». (Il est intéressant de remarquer que l’Abbé Fillion retient la même traduction, tout en l’amendant en note ; du côté protestant, Reuss constate « que jamais, dans le Nouveau Testament, on ne rencontre cette formule : notre Dieu Jésus-Christ » 3 .) - II Pierre 1/1 : « ayant reçu une foi dans la justice du Dieu de nous et du Sauveur Jésus- Christ ». (« L'auteur a bien dans la pensée le Père et le Fils, c'est qu'au verset suivant, il nomme d'abord Dieu , puis Jésus notre Seigneur . » Bonnet/Schröder) Pour ce dernier texte, il est intéressant en effet de prendre en compte le verset suivant (traduction Carrez) : - II Pierre 1/2 : « Grâce à vous et paix puissent être multipliées en vraie connaissance de Dieu et de Jésus, le Seigneur de nous. » La construction grammaticale est la même qu’au verset 1 (pas de répétition de l’article devant le second nom) : « ev epignôsei tou Theou kaï Iêsou tou kuriou êmon ». Toutefois, il ne viendrait pas à l’idée de traduire : « en vraie connaissance de Dieu et Jésus notre Seigneur » ! (L’Abbé Fillion en convient : « Il est vrai qu’au vers. 2 le Père et le Fils sont distingués l’un de l’autre ; pour ce motif, d’assez nombreux commentateurs préfèrent les séparer également dans ce passage [vers. 1]. ») La démonstration de l’auteur est donc moins absolue qu’elle en a l’air. Admettons qu’il aurait raison, cela serait-il la preuve que le christianisme des origines, que les premiers écrits chrétiens établiraient clairement la divinité de Jésus ?