:Z:: !i!i:i! ::! point les deux definitions donnEes dans le glossaire du livre de Lizet, Wolf et Celecia (Ed.), Sauvages dans la ville : de l'inventaire naturaliste a l'~cologie urbaine (Laboratoire d'ethnobiologie et biogEographie/MNHN, 1997, 583 p.). En resume, cet ouvrage, s'il agace parfois par la IEgeretE du propos, aborde pourtant de vraies questions. S'i[ ne pretend pas etre un ouvrage de reference, il n'en propose pas mains un debat, avec toutes les faiblesses et les qualites du genre, comrne par exemple, preter a controverse. Laissons l'auteur conclure par une note optimiste : ~ II faudra bien cependant, qu'un jour, protecteurs et chasseurs qui, chacun a leur maniere, cherchent a s'ap- proprier la faune sauvage, mettent fin leur concurrence sterile et s'engagent sur le chemin ardu du dialogue et du partena- riat. ,, (p. 58). Marie Roud (Apsonat/MNHN) Moddlisation et simulation d'dcosyst~.mes. Des mod~.les ddterministes aux simulations dvdnements discrets Patrick CoquiUard et David R. C. Hill Masson, coll. ~ Recherche en Ecologie o, 1996, 296 p., 16 fig., 295 F. I n'existe encore que peu d'ouvrages en langue franc;aise traitant de la modelisa- tion dans les sciences du vivant et m~me de la modElisation en general, ~ une Epoque ok cette mEthodologie explose litteralement. On ne peut donc que saluer la parution de ce livre. Les auteurs nous proposent d'abord un expose de modeles mathEmatiques clas- siques, d~terministes et stochastiques, en temps continu et en temps discret. Cet expose est enrichi d'exemples concrets bien choisis. Iioriginalite du texte ne se trouve cependant pas dans cette premiere partie, mais dans la seconde ou des modeles informatiques sont prEsentEs, lls permettent des simulations discretes, par rapport au temps et par rapport aux Elements d'un systeme ecologique. L'approche par la simulation des effets spatiaux est, a cet egard, une bonne entree, bien illustrEe par I'emploi d'auto- mates cellulaires et de modeles - individus centres • avec references spatiales. Deux exemples convaincants sont exposes en fin d'ouvrage. D'une part, la modelisation de l'extension de I'algue Caulerpa taxiJolia, qui a fait couler beau- coup d'encre. On retiendra au passage qu'~ partir du modele et de ses rEsultats, l'hypothese de I'origine de cette aigue Etait dEja fortement suggEr~e avant meme qu'elle ne salt demontree biologiquement. D'autre part, la modElisation d'un peuple- ment forestier, qui donne des resultats tres pertinents, voire spectaculaires. La distinction faite par les auteurs entre modele et simulation est tres utile. En effet, un modele peut ~tre une bonne traduction de ce qu'on veut representer, mais il reste ale mettre en oeuvre par une m(~thode de simulation fiable. Cette mEthode dolt fournir des resultats fideles aux phEnomenes que le modele est censE representer. II faut donc veiller/] ne pas negliger cette Etape. Enfin, on ne peut Etre qu'en accord avec l'approche systemique, fil conducteur de l'ouvrage, introduite des le premier chapitre. Quelques regrets mineurs cependant. Pour les modeles classiques, I'exposE des mEthodes d'estimation des param/~tres est un peu sommaire. Ainsi, m~me pour le simple modele exponentiel, les auteurs proposent de linEariser le probleme en passant aux Iogarithmes, transformation bien connue qui donne des estimations biaisEes. Dans le mEme ordre d'idEe, on aurait aimE que la question de la precision des estimations salt mieux posEe. Les auteurs ne font qu'Evoquer ces problemes clans un trap court paragraphe, sans doute insuffisant pour sensibiliser le lecteur non averti. Pour les automates cellulaires, les references aux etudes theoriques qui ant Ere menees sur ces objets sont absentes. En effet, pour cette classe de modules discrets, on a pu etablir quelques thEoremes de port(~e gEnErale. On peut, par exemple, citer J.-P. AIIouche et C. Reder, Oscillations spatio-temporelles engen- dries par un automate celluleire (Discr. AppL Math., 8, 1984, 215-254). On pourra Egalement se refErer a la r~cente these de H. Elmoznino, qui, malgre son titre, prEsente des resultats mathematiques originaux sur la question : Influence du cycle de vie individuel sur la dynamique spatiale d'une for~t monospecifique. Analyse 0 travers un automate cellulaire (these de doctorat en sciences mathEmatiques de I'universitE de Nice Sophia-Antipolis, 1999, 119 p.). Des travaux de mEme ordre sont effectuEs dans le cadre du programme Ecofit (F_cosystemesforestiers intertropicaux) par Marc-Andre Dubois et Jereme Chave du CEA (Commissariat a I'energie atomique). Enfin, on citera Egalement les travaux des ~quipes de Lyon autour de P. Auger et J.-P. Pascal. De telles references auraient permis d'introduire une discussion sur les limites des modeles informatiques, notam- ment des modeles individus centres (ou encore a acteurs ou a agents). Dans ce domaine, on retiendra les apports origi- naux d'equipes du Cemagref (Centre national du machinisme agricole, du genie rural, des eaux et forets), comme I'equipe du Laboratoire d'ingEnierie des systemes complexes, a Clermont-Ferrand, du Cirad (Centre de cooperation internationale en recherche agronomique pour le develop- pement) comme I'Equipe de I'ex-labora- toire Green (Gestion des ressources renou- velables et environnement), a Montpellier, de I1RD (Institut de recherche pour le developpement/anciennement Orstom) avec le laboratoire ErmEs (Enseignement et recherche sur les milieux et les societes), Orleans et, encore ponctuellement, du CNRS (Centre national de la recherche scientiflque) avec par exemple, le Laforia (Laboratoire formes et intelligence artifl- cielle) de Paris 6, le laboratoire d'ethologie de Paris 13, le Lirmm (Laboratoire d'infor- matique, de robotique et de microElectro- nique de Montpellier) et de I'lnria (Institut national de la recherche en informatique et en automatique). La lecture de ce livre pr(~sente un autre intEret, celui de se poser des questions relatives aux mEthodes de modelisation, aux modeles eta leurs usages. Dans l'avenir proche, il est souhaitable qu'une grande attention salt portee aces ques- tions. Ainsi, pour une simulation faite a partir d'un modele mathEmatique, on utilise des m~thodes numeriques solides. Souvent, ii est aussi possible de prevoir le comporte- ment qualitatif du modele et de verifier ainsi la vraisemblance des r(~sultats de la simulation, l~videmment, des surprises sont possibles, a l'image de celle de Lorentz, au debut des annEes 60, avec la decouverte des ~ attracteurs Etranges ~. Mais il reste quand m~me la puissance du langage et de la theorie mathematique pour verifier la coherence des resultats. Sur cet exemple, c'est ce qui fur fait, avec bonheur, dans les annEes qui suivirent, ouvrant ainsi tout un champ de recherches math~matiques. NSS, 1999, vol. 7, n° 4, 56-63