Cahiers Géographiques – N 6/2009 59 Quantification de l’érosion en nappes dans le bassin versant de l’oued Sahla Rif central Maroc 1 Sadiki, A., 2 Faleh A., 3 Zêzere J.L. et 1 Mastass H. 1 Département de Géologie, Faculté des Sciences Dhar Mahraz, B.P. 1796 Atlas Fès, e. mail : sadiki_a@yahoo.fr 2 Département de Géographie, Faculté de Lettres saïss Fès B.P. 59 Fès, e. mail : falehali2001@yahoo.fr 3 Geographical Research Centre, University of Lisbon, Portugal, Résumé Le bassin versant du barrage Sahla (Rif central, Maroc) est caractérisé par un climat subhumide. Des pluies importantes et irrégulières, le plus souvent à caractère orageux combinées à une fragilisation du sol par le labour provoque une érosion importante des sols. Les sols sont de plus en plus dégradés et les sédiments issus de cette érosion contribuent à l’envasement de la retenue du barrage. L’intégration des cartes thématiques des différents facteurs de l’Equation universelle de pertes en sol dans un Système d’information géographique avec leurs bases de données a permis d’une manière rapide et efficace de démêler la complexité et l’interdépendance des facteurs dans l’analyse des risques d’érosion, de mieux cerner l’impact de chaque facteur et d’évaluer sa contribution aux pertes en sol. L’intégration dans le SIG des formules de l’Equation universelle des pertes en sol a permis de hiérarchiser les différentes zones du bassin versant en produisant une carte synthétique de répartition des degrés de sensibilité à l’érosion, de déterminer le taux d’érosion par le ruissellement en nappe (22 t/ha/an en moyenne) et d’établir les facteurs décisifs qui contrôlent l’érosion hydrique qui sont par ordre d’importance, l’érodibilité des sols , la couverture végétale et l’agressivité climatique. Mots clés : érosion hydrique, Bassin versant, Système d’Information Géographique, Equation Universelle de Pertes en Terre. Rif occidental, Maroc Introduction Le barrage Sahla sur l’oued Sahla est l’un des nombreux barrages de moyenne capacité construits dans le bassin versant de l’oued Sebou (Fig. 1). L’une de ses fonctions principales est de diminuer le taux d’envasement du grand barrage Al Wahda et ainsi contribuer à allonger sa période de fonctionnement. Pour qu’il assure pleinement cette fonction, le barrage Sahla lui-même a besoin de d’une durée de vie adéquate. Il convient donc de diminuer son envasement en intervenant au niveau des zones les plus vulnérables à l’érosion, donc les plus pourvoyeuses de sédiments. La hiérarchisation du bassin versant en zones de différentes sensibilités à l’érosion est possible grâce à l’analyse spatiale des facteurs de l’érosion. La combinaison de ces facteurs par le modèle empirique de Wischmeier et smith permet de prédire les taux d’érosion en tonne par hectare par an et d’identifier les zones nécessitant des interventions d’urgence. L’érosion hydrique des sols dans le bassin versant de l’oued Sahla est un phénomène complexe, tous les processus d’érosion s’y opèrent. L’érosion en nappe est un processus qui se produit de façon inaperçue. C’est un phénomène qui est accéléré par le travail de la terre. Il dégrade le sol et diminue sa productivité et il contribue fortement à l’envasement des barrages. Dans la perspective d’établir un diagnostic scientifique de l’état actuel de la dégradation des sols dans le bassin versant, de comprendre les processus des mécanismes qui interviennent dans la redistribution des matériaux des sols, de cerner les paramètre responsables de différentes processus de l’érosion hydrique et de quantifier les matériaux évacués, Cette étude à pour objectif d’établir une cartographie thématique précise des facteurs de l’érosion. L’agressivité des précipitations, la pente et la longueur de pente, l’érodibilité des sols, le couvert végétal et les pratiques culturales sont les principaux facteurs qui contrôlent l’érosion hydrique en nappe. Chaque facteur présente un comportement différent d’une zone à l’autre du bassin versant. L’analyse spatiale de ce comportement abouti ainsi à une multitude de données qu’il faut cartographier, stocker, structurer et traiter de manière rationnelle. Le système d’information géographique (SIG) permet de croiser des cartes aux échelles et thèmes différents, de fusionner leurs bases de données et d’appliquer des équations mathématiques sur les valeurs numériques des facteurs d’érosion qui y sont rangées. L’équation universelle de pertes en sol (USLE) de Wischmeier & Smith (1978) reste de loin le modèle le plus utilisé parmi les modèles mathématiques de prédiction de l’érosion en nappes. L’intégration des cartes thématiques des facteurs de ce modèle dans le SIG a permis de cerner l’impact de chaque facteur