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Revue du Rhumatisme 75 (2008) 306–308
Fait clinique
Ostéochondrite disséquante de la tête humérale
Osteochondritis dissecans of the humeral head
Mahir Mahirogullari, George D. Chloros
∗
, Ethan R. Wiesler, Cristin Ferguson, Gary G. Poehling
Service de chirurgie orthopédique, faculté de médecine Wake Forest, Medical Center Boulevard, Winston-Salem, NC 27157, États-Unis
Accepté le 26 avril 2007
Disponible sur Internet le 10 janvier 2008
Résumé
Bien que courante dans d’autres régions du corps, l’ostéochondrite disséquante (OCD) est exceptionnelle à l’épaule. Nous présentons ici le rare
cas d’une OCD de la tête humérale chez un jeune patient, cas qui a échappé au diagnostic pendant trois ans.
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Mots clés : Ostéochondrite disséquante ; Humérus ; Tête humérale
Keywords: Osteochondritis dissecans; Humerus; Humeral head
1. Introduction
L’ostéochondrite disséquante (OCD) est une entité bien
décrite au niveau du genou, du coude et du talon et qui
est fréquemment envisagée au cours du diagnostic différen-
tiel des douleurs dans ces régions. Toutefois, elle est beaucoup
moins envisagée comme diagnostic possible lors de douleurs de
l’épaule dans la mesure où l’ostéochondrite disséquante de la
tête humérale est exceptionnelle [1–7]. L’objectif de ce rapport
est de présenter un rare cas d’OCD de la tête humérale chez un
jeune patient. Le cas a échappé au diagnostic pendant trois ans
ce qui a entraîné une morbidité accrue.
2. Observation
Un jeune homme droitier, âgé de 15 ans, a consulté dans
l’établissement de l’auteur pour une douleur chronique au niveau
de l’épaule droite. Le problème a commencé trois ans aupara-
vant lorsque le patient a ressenti une douleur scapulaire droite
soudaine tandis qu’il lanc ¸ait la balle en jouant au baseball pour
l’équipe de son école sans s’être échauffé convenablement. Il a
Ne pas utiliser, pour citation, la référence franc ¸aise de cet article, mais sa
référence anglaise dans le même volume de Joint Bone Spine.
∗
Auteur correspondant.
Adresse e-mail : gchlorosdoc@gmail.com (G.D. Chloros).
alors consulté un chirurgien orthopédiste local qui, en se basant
sur des radiographies normales, lui a conseillé le repos et prescrit
des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et des séances
de kinésithérapie. Mais malgré les mesures conservatrices, la
douleur a persisté depuis de manière intermittente, aggravée
par l’activité, tout particulièrement lorsqu’il élevait les bras
au-dessus de sa tête, qu’il lanc ¸ait quelque chose ou soulevait
quelque chose en l’éloignant de son corps. Il a dû arrêter toute
activité sportive.
L’examen physique de l’épaule droite notait l’absence de tout
œdème mais réveillait une douleur au niveau du tendon sus-
épineux. L’amplitude des mouvements était limitée avec 10
◦
de
moins à la flexion, 28
◦
de moins à l’abduction, 20
◦
de moins à la
rotation interne et 3
◦
de moins à la rotation externe. L’extension
était symétrique. L’amplitude des mouvements passifs n’était
pas limitée, mis à part la rotation interne qui est limitée à 75
◦
.
Les radiographies standard comparatives antéropostérieures
et latérales des deux épaules ne montraient aucune anomalie.
L’IRM (Fig. 1) montrait une lacune ostéocartilagineuse de 2 cm
à la face postérosupérieure de la tête humérale droite avec un
séquestre osseux partiellement déplacé, ce qui confirmait le
diagnostic d’OCD de la tête humérale. On conseille alors au
patient une période d’essai de repos de trois semaines suivie de
kinésithérapie. Mais malgré l’arrêt de toute activité sportive, les
symptômes persistèrent et la décision de réaliser une arthrosco-
pie fut prise. Une lésion de 2 cm de diamètre située à la face
postérosupérieure de la tête humérale (Fig. 2) a été observée
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doi:10.1016/j.rhum.2007.04.024