Proche-Orient Chrétien 65, 2015, 235-253 Histoire et tradition La Mystagogie de Maxime le Confesseur L’être ecclésial 1 et l’unité à Dieu Rami W akim Ayant vécu dans une période politiquement et ecclésiastiquement troublée, Maxime le Confesseur (580-662) est considéré comme l’un des pères les plus importants de l’Église orientale autant qu’occidentale. Les études sur le Confesseur ont connu un développement très important au xx e siècle. Cependant, la Mystagogie de l’Église n’a retenu l’attention que très récemment. Or, ce texte offre un intérêt particulier dans l’œuvre de Maxime. Il s’agit d’un thème amplement développé et d’un traité qui n’est pas rédigé dans un contexte polémique (entre 628, son arrivée en Afrique du Nord, et 633, début de l’opposition au monoénergisme). La Mystagogie contient un commentaire unique de la divine liturgie de l’Afrique du Nord qui n’est pas spécialement byzantine. Ce commentaire est expliqué dans l’esprit de la théologie chalcédonienne, surtout en ce qui concerne le concept de l’unité et la différence, appliqué à la création, au mystère de l’Église et la vie des idèles croyants. L’intérêt est donc de valeur, car ce commentaire est, en réalité, une initiation et un catéchisme qui invite le idèle chrétien à la rencontre de Dieu. Le lecteur de la Mystagogie fait face à des dificultés méthodologiques puisqu’elle est traditionnellement divisée en deux grandes parties : chapitres 1 à 7 et chapitres 8 à 24. Parfois, une division triple est adoptée, mais tous estiment que la première partie qui constitue 1 « L’être ecclésial » est le titre français donné à l’œuvre remarquable de Jean Zizioulas « Being as Communion ». Nous utilisons la même expression pour signiier le lien fondamental du idèle chrétien à Dieu, en tant que membre de l’Église.