Traitement médicamenteux du diabète et des facteurs de risque cardiovasculaire : quelles évolutions entre 2000 et 2005 ? O. Kusnik-Joinville, A. Weill, P. Ricordeau, H. Allemand CNAMTS, Paris, France Objectif. – Connaître l’évolution, entre 2000 et 2005, des modali- tés de prise en charge médicamenteuse des malades traités par antidia- bétiques et des coûts engendrés par ces traitements pour l’assurance maladie. Méthodes. – Étude réalisée à partir de l’Échantillon permanent des assurés sociaux (EPAS) constitué par la CNAMTS. Cet échantillon est un panel anonyme de plus de 70 000 assurés sociaux, dont le plan de sondage permet d’assurer sa représentativité. Les personnes diabétiques traitées sont définies par le remboursement d’insuline ou d’antidiabétiques oraux à au moins deux reprises au cours d’une année calendaire. Résultats. – En 2005, la prévalence du diabète traité, en France métropolitaine, sur la population protégée par le régime général, était de 3,6 % (± 0,1). Elle était, en 2000, de 2,7 % (± 0,1). Entre 2000 et 2005, les modalités de traitement médicamenteux du diabète se sont modifiées. La part des patients traités par un antidiabétique oral (ADO) en monothérapie a diminué de 54,4 à 51,5 % ; celle des patients traités par biguanides est passée de 50,1 % en 2000 à 58,0 % en 2005 ; celle des patients traités par sulfamides de 66,1 à 54,6 % ; celle des patients traités par insuline de 21,0 à 23,9 %. Les facteurs de risque cardiovasculaire étaient plus fréquemment traités par médica- ment en 2005 qu’en 2000. La part de patients traités par un antihyper- tenseur est passée de 68,7 à 73,8 % ; celle des patients traités par hypolipémiants de 42,7 à 54,9 % ; celle des patients traités par antia- grégants plaquettaires de 25,8 à 32,2 %. En 2005, le coût annuel du traitement antidiabétique par patient était de 312 € et celui des fac- teurs de risque cardiovasculaire de 448 €. Conclusions. – La prévalence du diabète traité a fortement aug- menté entre 2000 et 2005. Le recours à l’insuline et aux polythérapies d’ADO s’est accru et les facteurs de risque cardiovasculaire ont été plus fréquemment traités par des médicaments. Le coût du traitement médicamenteux du diabète et des facteurs de risque a doublé en six ans pour atteindre 1,8 milliard d’euros en 2005. Description de la prise en charge des patients diabétiques de type 2 présentant une altération de la fonction rénale (AFR) et de leurs caractéristiques : étude épidémiologique IRIDIEM C. Maillard a , C. Hayem b , L. Bergougnoux b , P. Mouchel b a Docs International, Issy-les-Moulineaux, France b Roche, Neuilly-sur-Seine, France Objectif. – La prévalence du diabète de type 2 est en constante augmentation dans les pays développés. L’insuffisance rénale chro- nique en est une des complications, dont la prise en charge non adap- tée expose les patients à des risques cardiovasculaires supplémentai- res. L’objectif de l’étude IRIDIEM est de décrire en situation réelle les caractéristiques épidémiologiques et la prise en charge de l’AFR chez les patients diabétiques de type 2 et de la confronter aux objec- tifs de prise en charge (Anaes 2004). Méthodes. – IRIDIEM est une étude observationnelle transversale menée d’avril à décembre 2005. Les 58 néphrologues sélectionnés aléatoirement par région devaient inclure au moins dix patients consé- cutifs souffrant d’un diabète de type 2 depuis au moins cinq ans, pré- sentant une HbA1c supérieure à 6 % et une AFR de stade 2 à 4. Les données collectées ont été monitorées par des attachés de recherche épidémiologique. Cette étude est la partie française d’une étude inter- nationale soutenue par les laboratoires Roche. Résultats. – Les 360 patients analysés, 232 hommes et 128 fem- mes, sont âgés en médiane de 70 ans. Dans cette population, l’ancien- neté médiane du diabète est de 19 ans et le délai médian avant appa- rition de l’AFR est de 15 ans. Le diagnostic de l’AFR est tardif avec 16 % des AFR diagnostiqués en stade 1 contre 27, 49 et 8 % en stades 2, 3 et 4 respectivement. La pression artérielle systolique est supé- rieure à 130 mmHg pour 89 % des patients, 79 % des patients ont un tour de taille élevé et 33 % ont un diabète non contrôlé (HbA1c supérieure à 8 %). Au moins un des objectifs de prise en charge sui- vants n’est pas atteint pour 81 % des patients : 62 % ont une protéi- nurie supérieure à 0,5 g/j, 25 % ont une albuminurie inférieure à 35 g/l, 39 % ont une phosphorémie supérieure à 1,3 mmol/l, 46 % ont des bicarbonates plasmatiques hors bornes et 18 % ont une hémo- globine inférieure à 11 g/dl. Parmi ces patients anémiés, 43 % ne sont pas traités. Conclusions. – Cette étude met en évidence un décalage entre les objectifs de l’Anaes et l’observation épidémiologique. Une explora- tion des pratiques médicales servirait à expliquer ce décalage. Étude FINDER (factors influencing depression endpoints research) : résultats à l’inclusion pour les patients français S. Avoinet a , C. Goldberger a , S. Tcherny-Lessenot a , N. Dantchev b a Lilly France, Suresnes, France b Service de psychiatrie, Hôtel-Dieu, Paris, France Objectif. – L’objectif de cette étude observationnelle européenne de six mois est d’évaluer les facteurs influençant la qualité de vie des patients déprimés. Méthodes. – Les patients étaient inclus lors d’une consultation, dans le cadre de la prise en charge standard de la dépression, au cours de laquelle le médecin décidait de leur prescrire un antidépres- seur (AD). Les données recueillies étaient la qualité de vie (QDV) (échelles SF-36, EuroQol), l’échelle Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS) et la douleur (item 7 de l’échelle SF-36, l’échelle Somatic Symptom Inventory (SSI-28), l’échelle visuelle analogique et les traitements prescrits. Les médecins participants ont été sélec- tionnés par tirage au sort. Résultats. – Au total, les 611 patients inclus en France étaient âgés de 45,6 ± 13 ans, 69,4 % étaient des femmes et 39,3 % avaient eu au moins un épisode dépressif dans les deux années précédentes. Les principales comorbidités psychiatriques observées étaient l’anxiété/ trouble panique (57,2 %), la toxicomanie (10,6 %) et les troubles obsessionnels compulsifs (7 %). Au moins une pathologie chronique associée était observée dans 35,8 % des cas. Selon leur score HADS, les patients étaient qualifiés comme des cas de dépression « probable » (74,8 %), « douteux » (13,3 %) ou « non cas » (11,8 %). Les patients présentaient une douleur absente/légère (48,5 %), une douleur associée à une pathologie douloureuse (18 %) et une douleur associée à une pathologie non douloureuse ou n’avaient pas de pathologie concomitante (33,4 %). Les scores SF- 36 observés, 46,8 ± 10,4 pour la composante physique et 20,2 ± 8,6 pour la composante psychique, étaient plus faibles que les valeurs de comparaison en population normale. Les scores de QDV étaient les plus altérés chez les patients présentant un cas dépressif « probable ». Les patients avec une douleur absente/modérée avaient une QDV comparable aux patients douloureux (scores physique et mental respectivement de 52,2 et 19,3 vs 43,6 et 19,9). Conclusions. – L’analyse des caractéristiques à l’inclusion de cette cohorte française a montré que 25,1 % des patients traités par AD n’avaient pas de dépression confirmée, et que la dépression a un impact sur la qualité de vie des patients. Usage et concordance diagnostique des traitements à visée psychotrope : résultats de l’enquête « Santé mentale en population générale en France métropolitaine » A. Grolleau, A. Cougnard, B. Bégaud, H. Verdoux Département de pharmacologie, université Victor-Segalen–Bordeaux- II, France Objectif. – Évaluer la prévalence d’usage vie entière de traitements à visée psychotrope dans la population générale française et la concor- dance entre l’usage de ces traitements et le diagnostic psychiatrique. Abstracts / Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique 55 (2007) S11–S20 S12