Formation médicale continue Document histologique Hyperplasie basaloïde sur histiocytofibrome R. KHADDAR KORT (1), F. CHERIF (1), S. BOURAOUI (2), M. MOKNI (1), S. HAOUET (2), A. BEN OSMAN DHAHRI (1) I nitialement décrites par Civatte et Biberstein en 1931 [in 1], les mo- difications épidermiques asso- ciées à un histiocytofibrome sont bien connues. Elles peuvent revêtir des as- pects anatomocliniques variables : si- muler une kératose séborrhéique, montrer des images de trichogenèse ou s’accompagner d’une hyperplasie basaloïde des couches profondes épi- dermiques [1]. De façon exceptionnelle, il s’agit d’un véritable carcinome baso- cellulaire [1]. Nous rapportons une nouvelle obser- vation d’un histiocytofibrome associé à une hyperplasie basaloïde, illustrant ainsi une interaction particulière entre le fibrome et sa surface. Par ailleurs, nous soulèverons les divers problèmes de diagnostics différentiels rencontrés lors de cette association. Observation Une femme âgée de 52 ans, sans anté- cédents pathologiques notables, de phototype IV, consultait dans notre service pour une lésion en plaque ma- culeuse, arrondie, enchâssée dans le derme, bien limitée, de consistance ferme, à centre atrophique et scléreux, de couleur brunâtre faisant 1 cm de grand axe siégeant au tiers inférieur de la jambe gauche (fig. 1). Cette lésion était prurigineuse. Elle évoluait depuis sept ans sans notion de modification récente. L’examen histopathologique de la biopsie cutanée révélait une proli- fération mésenchymateuse bénigne, mal limitée siégeant dans le derme moyen et profond, faite de cellules fusiformes d’allure histiocytaire et fi- broblastique, dotées d’un cytoplasme éosinophile et d’un noyau ovoïde ou allongé régulier, réalisant une architec- ture tourbillonnante ou storiforme et englobant des faisceaux collagènes d’épaisseur variable répondant ainsi à un histiocytofibrome (fig. 2, 3). Cette tumeur était surmontée par un épi- derme hyperplasique et acanthosique dans son ensemble avec un territoire particulier de part son aspect basaloïde et bourgeonnant rattaché à l’épiderme et s’invaginant dans le derme superfi- ciel. Il était fait de cordons épithéliaux anastomosés réalisant une hyperplasie inégale des crêtes épidermiques. Ces structures étaient composées de cellu- les de petite taille, d’aspect monomor- phe, dotées d’un cytoplasme basophile et d’un noyau ovoïde dépourvus d’aty- pies cytonucléaires. Par endroits, ces cellules prenaient une disposition pa- (1) Service de Dermatologie, (2) Service d’Anatomo- Pathologie, EPS La Rabta, Tunis, Tunisie. Tirés à part : F. CHERIF, à l’adresse ci-dessus. E-mail : faika.cherif@voila.fr Fig. 1. Lésion maculeuse, brunâtre, bien limitée, de 1 cm de grand axe, à centre atrophique et scléreux et siégeant sur la jambe gauche. Fig. 2. Prolifération tumorale mésenchymateuse bénigne du derme moyen et profond surmontée d’un épiderme hyperplasique (HE × 40). 105 Ann Dermatol Venereol 2004;131:105-6