LES LÉSIONS LIGAMENTAIRES ET MÉNISCALES DU GENOU DE L’ENFANT ET DE L’ADOLESCENT 3S107 Traitement conservateur des lésions méniscales traumatiques : étude rétrospective F. ACCADBLED *, F. BERGERAULT **, X. CASSARD *, J. KNORR * Les objectifs de notre étude rétrospective étaient les suivants : démembrer les lésions méniscales et observer les pratiques, analyser les résultats fonctionnels et anatomiques de la conservation méniscale, essayer de préciser les indica- tions chez l’enfant et l’adolescent. Cinquante-deux patients ont été inclus, 33 garçons et 19 filles issus de ces différents centres : Bruxelles : 1, Lyon : 7, Mayenne : 3, Strasbourg : 1, Toulouse : 15, Tours : 25. Leur âge moyen était de 12,8 ans avec des extrê- mes à 7 et 16 ans. Les cartilages de croissance du genou étaient ouverts dans 77 % des cas au moment de la chirur- gie. Un mécanisme traumatique a pu être identifié 39 fois, en majorité d’origine sportive. La dysplasie méniscale représentait un critère d’exclusion. Dans 58 % des cas, il existait une rupture associée du ligament croisé antérieur (26 récentes, 4 chroniques). Dans 42 % des cas, il s’agissait d’une lésion méniscale isolée. Le délai moyen de prise en charge chirurgicale a été de 12 mois. En préopératoire, 80 % des patients présentaient soit des douleurs, soit des blocages (fig. 1). Le diagnostic de lésion méniscale a été confirmé 42 fois par une IRM et une seule fois par un arth- roscanner. Les lésions concernaient le ménisque latéral dans 60 % des cas et le ménisque médial dans 40 %. Elles intéressaient le plus souvent le segment postérieur, respecti- vement dans 84 et 71 % des cas, le segment moyen dans 48 et 62 % des cas et le segment antérieur dans 16 et 24 % des cas. La longueur moyenne des lésions était de 17 mm avec des extrêmes à 3 et 40 mm. L’exploration arthroscopique a mis en évidence 23 anses de seau soit 44 %, 23 lésions ver- ticales, 5 clivages horizontaux et une lésion radiaire. Quatre kystes ont été retrouvés, 3 fois associés à un clivage hori- zontal. Vingt pour cent des lésions étaient situées à la jonc- tion ménisco-synoviale, 58 % en zone rouge-rouge et 22 % en zone rouge-blanc. La moitié des interventions a été réali- sée par arthroscopie et l’autre moitié par arthrotomie. Dans 29 % des cas, il s’agissait soit d’avivement ou d’abstention, pour des lésions jugées stables au crochet, et dans 71 % des cas de réparations méniscales. La réparation a consisté en une suture au fil dans 31 cas, l’utilisation d’une ancre dans 3 cas et enfin d’un dispositif hybride dans 3 cas. L’espace- ment moyen des points sur la lésion était de 7,3 mm. Vingt- huit des 29 genoux instables ont été traités par ligamento- plastie, 25 de manière concomitante et 3 de manière diffé- rée à 4, 16 et 110 mois. Un patient n’a pas été opéré de son instabilité. L’attitude vis-à-vis des soins postopératoires était variable avec une immobilisation entre 3 et 6 semai- nes, le plus souvent avec appui. Les activités en pivot et pivot-contact ont été autorisées en règle générale après le 6 e mois. Tous les patients ont été revus au recul moyen de 5 ans (2 à 15 ans). Onze patients sur 52 ont nécessité une reprise chirurgicale pour échec de cicatrisation responsable de symptômes, soit 21 %. La conservation méniscale a donc été possible dans 79 % des cas. Le délai moyen de reprise a été de 2,4 ans. Au cours des 2 premières années, 73 % des reprises ont été effectuées (fig. 2). Il a été réalisé 4 réparations itératives, dont 2 ont cicatrisé, et 7 méniscec- tomies partielles. Sur 4 lésions méniscales sur genou insta- * Hôpital des enfants, Service d’orthopédie, 330, avenue de Grande Bretagne, 31059 Toulouse Cedex 9. ** Service du Pr Christian Bonnard, CHU Tours, Centre de Pédiatrie Gatien de Clocheville, 49, boulevard Béranger, 37044 Tours Cedex 9. E-mail : faccadbled@yahoo.fr FIG. 1. – Symptômes préopératoires. 0 25 50 75 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 100% Années FIG. 2. – Courbe de survie méniscale (Kaplan Meier).