554 LA VIOLENCE VERBALE DANS LES COURRIERS ÉLECTRONIQUES UNIVERSITAIRES : LA MÉSENTENTE COMME PRÉTEXTE AU MALENTENDU ACTES DU COLLOQUE « DU MALENTENDU À LA VIOLENCE VERBALE » HELSINKI, 15-17 AOÛT 2012 Christina ROMAIN & Béatrice FRACCHIOLLA Résumé : La question de la place et de la gestion des malentendus en contexte de mésentente seront posées à partir de l’analyse linguistique interactionnelle d’un corpus de mails de type cc échangés entre universitaires. Comment le malentendu est-il traité dans les courriers électroniques ? Quelle est sa fonction dans l'histoire interactionnelle des interactants ? L’interaction électronique, par nature écrite et différée dans le temps, permet-elle d’entrer en contact avec autrui de la même manière que l’interaction in praesentia ? Notre hypothèse est que les échanges de mails collectifs réduisent le champ interactif des échanges. Ils contribuent à dégrader les relations entre les personnes et favorisent la montée en tension en renforçant conflits et dissonances. 1. Les communications électroniques : caractéristiques et processus Les communications électroniques en cc correspondent à des copies carbones envoyées simultanément à au moins deux destinataires, en général connus de tous. L’absence de confidentialité des échanges et leur effet « spam », à la fois fastidieux et irritant par les contraintes de gestion qu'ils entraînent pour les destinataires (cf. dimension d'agression territoriale : Fracchiolla 2013), caractérisent ce type de communication. Bien que le fait de pouvoir répondre de chez soi puisse prêter à confusion entre ce qui relève de la sphère privée et de la sphère publique, (Fracchiolla & Romain 2013) un mail en cc est de fait public. Cela, dans la mesure où, d'une part il prend à témoin un ensemble plus ou moins large de personnes (a minima une en plus du destinataire, sans maxima) et, d'autre part où il peut être transféré, copié, collé, posté, lu par d'autres (hackers, circulation sur le net, etc.) grâce à un simple clic, sans autre coût. Il s'agit là d'un danger inhérent au numérique, qui permet de reproduire à l'identique, à l'infini. Il n'y a donc en réalité aucune limite à la diffusion de ce type de message, contrairement par exemple à une lettre manuscrite – laquelle demeure d'ordre