680 Abstracts / Cancer/Radiothérapie 13 (2009) 644–697 employant une méthode simple utilisant deux faisceaux dans l’irradiation unilatérale de cancers de la sphère ORL M. Betz a , T. Zilli b , N. Casanova b , M. Rouzaud b , P. Nouet b , G. Dipasquale b , R. Miralbell b , M. Ozsahin b a Centre hospitalier universitaire vaudois, Lausanne, Suisse b Hôpitaux universitaires de Genève, Genève, Suisse Objectif de l’étude.– Évaluer la faisabilité et l’apport dosimétrique d’une radiothérapie conformationnelle avec modulation d’intensité (RCMI) employant une technique simple à deux faisceaux, compa- rée à une technique à sept faisceaux, dans l’irradiation unilatérale à visée curative de cancers de la sphère ORL. Patients et méthodes.– De juillet 2008 à février 2009, neuf patients atteints de carcinome latéralisé de la sphère ORL ont bénéficié d’une RCMI unilatérale par deux faisceaux non coplanaires de photons de 6 MV (un oblique antérieur et un oblique postérieur, avec rotation du collimateur et de la table). Les tumeurs primitives étaient amyg- daliennes (quatre patients), buccales (quatre) et de siège inconnu. Le traitement était exclusif pour quatre patients et adjuvant pour cinq et dans six cas avec une chimiothérapie concomitante. Les doses prescrites, utilisant une technique de boost simultané inté- gré, étaient de 70 Gy à raison de 2,12 Gy par fraction dans le volume cible prévisionnel (PTV) tumoral pour les traitements exclusifs, de 60–66 Gy à raison de 2 Gy par fraction dans le volume cible prévisionnel à haut risque pour les traitements adjuvants, et de 49,2–54 Gy à raison de 1,64 Gy par fraction dans le volume cible prévisionnel électif homolatéral. Les doses aux volumes cibles ainsi qu’aux organes à risque (OAR) ont été évaluées et comparées aux doses équivalentes délivrées dans le cadre de plans comparatifs de RCMI par sept faisceaux établis pour chaque cas. Résultats.– La couverture des volumes cibles prévisionnels était optimale (98,6% ± 1,1% de chaque volume cible prévisionnel défini était couvert par l’isodose 95%), par une technique utilisant un nombre réduit d’unités moniteur (en médiane 399 ; de 313 à 543). Les contraintes dosimétriques étaient respectées pour tous les organes à risque. Les doses médianes à la glande parotide et à la glande sous-maxillaire controlatérale étaient respectivement de 2,8 ± 1 Gy et de 173 ± 6,2 Gy. Comparée à la technique employant deux faisceaux, la RCMI par sept faisceaux apportait une couverture comparable des volumes cibles prévisionnels, avec une meilleure conformation de dose, au prix d’une dose intégrale plus garnde et d’une séance de traitement plus longue. L’épargne des tissus sains était optimale dans les deux méthodes, la dose médiane à la glande parotide controlatérale étant réduite avec la technique à deux faisceaux. Conclusion.– Comparée à la RCMI par faisceaux multiples, la RCMI par une technique à deux faisceaux dans le traitement unilatéral des cancers de la sphère ORL est une méthode simple fournissant une excellente couverture des volumes cibles et une épargne optimale des organes à risque et permettant de réduire la dose intégrale et le temps de traitement. doi:10.1016/j.canrad.2009.08.096 P096 Évaluation à long terme de la voix et de la déglutition dans le cadre de l’essai de phase III randomisé de préservation laryngée 2000–01 du Gortec C. Debelleix a , Y. Pointreau a , S. Chapet a , C. Sire b , C. Tuchais c , S. Faivre d , M. Alfonsi e , J.-L. Lefèbvre f , G. Calais a a Radiothérapie, hôpital Bretonneau, CHU de Tours, Tours, France b Radiothérapie, centre hospitalier de Lorient, Lorient, France c Radiothérapie, centre Paul-Papin, Angers, France d Oncologie médicale, institut Gustave-Roussy, Villejuif, France e Radiothérapie, institut Sainte-Catherine, Avignon, France f Chirurgie cervicofaciale, centre Oscar-Lambret, Lille, France Objectif de l’étude.– L’association d’une chimiothérapie d’induction incluant des taxanes à une radiothérapie permet de proposer à un nombre croissant de patients atteints d’une tumeur pharyngola- ryngée évoluée un traitement conservateur du larynx. Cependant, la préservation anatomique du larynx n’est pas synonyme de respect de la fonction laryngée, c’est-à-dire de la phonation et de la déglutition. Au terme de l’étude de préservation laryngée 2000–01 du Groupe d’oncologie radiothérapie tête et cou (Gortec), qui comparait une chimiothérapie d’induction par TPF (docétaxel, cisplatine, 5-fluoro-uracile) contre PF (cisplatine, 5-fluoro-uracile) chez des patients atteints de carcinome épidermoïde du larynx ou de l’hypopharynx classé T3-T4, nous avons évalué la qualité de la voix et de la déglutition des patients chez qui un traitement conser- vateur avait pu être proposé. Patients et méthodes.– Sur les 213 patients initialement inclus dans l’étude, 67 (31 %) ont été identifiés comme en vie avec le larynx en place et avec un recul moyen de 61 mois. Chaque patient a été contacté par courrier. La voix a été évaluée grâce au « Voice han- dicap index 30 » (VHI 30) qui est un autoquestionnaire explorant les aspects fonctionnels, physiques et émotionnels de la produc- tion vocale. Le retentissement sur la qualité de vie globale et sur les difficultés alimentaires était évalué grâce aux questionnaires de l’EORTC « Quality of Life Questionnaire-Core 30 » (EORTC QLQ-C30) et « Quality of Life Head and Neck Module » (QLQ-H&N35). Résultats.– Soixante et un patients (91 %) ont répondu aux ques- tionnaires. Le handicap vocal était faible pour 57 % des patients (score global < 30), modéré pour 28 % (score 30–60) et sévère pour 15 % (60–120). On notait une corrélation avec la remobilisation du larynx après chimiothérapie, en particulier pour le score phy- sique du VHI (p = 0,0354). Le handicap vocal était corrélé avec le score global de qualité de vie ainsi qu’aux différentes échelles fonc- tionnelles du questionnaire EORTC C30 (r = 0,5) et aux difficultés alimentaires (r = 0,65). Vingt-cinq patients (40 %) n’avaient aucune difficulté alimentaire (score HN35 alimentation = 0), 17 patients (27 %) utilisaient des suppléments alimentaires, cinq patients (8 %) étaient porteurs d’une sonde d’alimentation entérale. On notait un excès significatif de prise d’antidouleurs (p = 0,0225) et de supplé- ments alimentaires (p = 0,0475) dans le bras PF par comparaison au bras TPF. Conclusion.– Cette étude montre que la majorité des patients ont un handicap vocal faible et peu de difficultés alimentaires à distance du traitement conservateur du larynx. Elle est en faveur de meilleurs résultats fonctionnels dans le bras TPF. doi:10.1016/j.canrad.2009.08.097 P097 Prévention primaire et secondaire des complications aiguës de la radiothérapie des cancers de la tête et du cou M. Lambrexhe , B. Frederick , D. Burie , C. Cavuto , L. Rob , I. Rasquin , N. Coiffier , M. Untereiner Centre national de radiothérapie, centre Franc ¸ ois-Baclesse (CFB), Esch-sur-Alzette, Luxembourg Objectif de l’étude.– Le traitement standard des cancers de la tête et du cou associe une irradiation à une dose de 70 Gy et des admi- nistrations hebdomadaires de chimiothérapie concomitante par 5-fluoro-uracile et cisplatine ou de thérapie ciblée par Erbitux. Une étude rétrospective réalisée au centre Franc ¸ ois-Baclesse en 2004–2005 chez 84 patients atteints de cancer ORL dont le traite- ment était une chimioradiothérapie concomitante, a objectivé les effets délétères du traitement sur l’état nutritionnel des patients : perte pondérale pour 90 % des patients ; interruption temporaire ou un arrêt définitif de la radiothérapie pour 28 % des patients. Sur base de ce constat, une approche préventive du risque nutritionnel a été mise en place. L’objectif était de réduire le risque de dénu- trition lié à la radiothérapie associée à la chimiothérapie ou à la thérapie ciblée.