Dormance tumorale :
quiescence ou équilibre ?
Tumor dormancy: quiescence or equilibrium?
Bruno Quesnel
Unité Inserm 837,
Équipe « Facteurs de résistance
des cellules leucémiques »,
Institut de Recherche sur le Cancer
de Lille ; et Service des maladies
du sang, CHU de Lille
<brunoquesnel@hotmail.com>
Re ´sume ´. Le phénomène de dormance tumorale est caractérisé par la persistance
de cellules résiduelles pendant des périodes prolongées. Les rechutes à partir de
cette maladie résiduelle constituent une cause majeure de mortalité au cours des
cancers. La compréhension des mécanismes induisant la dormance tumorale pour-
rait conduire à de nouvelles stratégies pour prévenir les rechutes. Les modèles expé-
rimentaux ont montré qu’il existe un équilibre entre l’hôte et la population de cellu-
les dormantes, cellules qui semblent persister en quantités extrêmement réduites.
L’interaction entre les cellules tumorales et leur micro-environnement, l’angio-
genèse, et les réponses immunes antitumorales participent au contrôle de la popu-
lation de cellules dormantes. Les cellules tumorales développent de nombreux
mécanismes leur permettant de rester en équilibre avec l’hôte, notamment
d’immuno-évasion en surexprimant des molécules immuno-régulatrice telles que
B7-H1 et B7.1, par méthylation de gènes régulant la transduction du signal comme
SOCS1, et des boucles autocrines et paracrines de cytokines. Certains modèles
expérimentaux suggèrent que la population de cellules tumorales dormantes est
constituée de cellules souches tumorales entrées en quiescence. Le phénomène de
quiescence semble aussi ne pas être restreint aux cellules souches et peut être régulé
via l’autophagie. Cette apparente multiplicité des mécanismes de dormance est
déroutante et ne pourra être clarifiée que par l’isolement des cellules tumorales rési-
duelles chez des patients. L’ensemble de ces données offre toutefois, dès maintenant,
la possibilité de cibler spécifiquement les cellules tumorales dormantes.
Mots cle ´s : dormance tumorale, quiescence, B7-H1
Abstract. Tumor dormancy is characterised by the persistence of residual tumor
cells for long periods. Recurrence from minimal residual disease is a major cause
of cancer death. Thus, understanding how cancer cells become and remain dor-
mant, may lead to new strategies to prevent relapse. Evidence has emerged from
experimental models that a balance exists between host, and dormant tumor cells
which seem to persist in very small numbers. Cross-talk between tumor cells and
their micro-environment, angiogenesis, and anti-tumor immune response partici-
pate in the control of dormant tumor cells. Tumor cells have several mechanisms of
maintaining equilibrium, and immune escape, including expression of immuno-
regulatory molecules (e.g. increased expression of B7.1 and B7-H1); epigenetic
modifications (e.g. silencing of the SOCS1 gene, de-regulating the JAK/STAT path-
way); and autocrine loops. Other experimental models indicate that dormant tumor
cell population may be constituted of tumor stem cells that enter in quiescence.
Quiescence may also be not restricted to stem cells and appears to be regulated
through autophagy. This apparent multiplicity of mechanisms is puzzling and
should be clarified by isolation of dormant tumor cells from patients. These new
findings offer new opportunities to design specific treatments to target dormant
tumor cells.
Key words: tumor dormancy, quiescence, B7-H1
doi: 10.1684/hma.2010.0498
Revue
Hématologie 2010 ; 16 (5) : 355-62
Tirés à part :
B. Quesnel
Hématologie, vol. 16, n° 5, septembre-octobre 2010
355
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