Communications affichées / Néphrologie & Thérapeutique 7 (2011) 407–410 409 Référence El Abida B et al. Kidney Int 2011, in press. doi:10.1016/j.nephro.2011.07.312 AR05 Régulation de l’expression de la PTHrP dans les cellules épithéliales rénales et voies de signalisation impliquées dans ses effets sur la transdifférenciation épithélio-mésenchymateuse D. Raison a , C. Coquard a , M. Hochane a , T. Massfelder a , B. Moulin b , J.J. Helwig a , M. Barthelmebs a a Inserm U682, faculté de médecine, université de Strasbourg, Strasbourg, France b Service de néphrologie, nouvel hôpital civil, Strasbourg, France Introduction.– Dans un modèle expérimental de fibrose intersti- tielle rénale par obstruction unilatérale de l’uretère chez la souris, nous avons montré précédemment que la protéine apparentée à l’hormone parathyroïdienne (PTHrP) était surexprimée, et que le traitement des souris par un anticorps neutralisant la PTHrP diminuait l’infiltration leucocytaire et le dépôt de matrice extracel- lulaire (MEC). Ces processus impliquent l’expression de nombreux facteurs (IL–1ß, TGF–ß1), ainsi que la transdifférentiation des cel- lules épithéliales rénales en myofibroblastes (TEM). Nos résultats antérieurs ont montré que la PTHrP était capable d’induire la TEM sur des cellules épithéliales en culture. L’objectif de cette étude est d’évaluer les facteurs conduisant à la surexpression locale de la PTHrP et d’analyser les voies de signalisation impliquées dans la TEM induite par la PTHrP. Matériels et méthodes.– Les études ont été réalisées in vitro, sur les cellules HK-2, une lignée de cellules épithéliales rénales issues du tubule proximal humain, en utilisant des techniques d’immunocytofluorescence, Western blot et RT-PCR quantitative. Les effets de la PTHrP (100 nM) ont été comparés à ceux du TGF-ß1 (10 ng/mL). Résultats.– Sur les cellules HK-2, l’expression de la PTHrP est induite de manière très importante par le TGF-ß1 (10 ng/mL, × 43 ± 48 h), plus faiblement par IL-1ß (10 ng/mL, × 2,7 ± 0,7 à 4 h) et HB-EGF (10 ng/mL, × 2,0 ± 0,3 à 2 h), mais non par l’angiotensine II (100 nM). La PTHrP elle-même (100 nM) diminue l’expression membranaire de zona occludens-1 et de ß-caténine, et majore celle de la fibronectine, de la vimentine et de l’alpha-actine du muscle lisse, témoignant, ainsi, de l’induction de la TEM. Ces effets ne semblent pas passer par une surexpression de Snail ou une acti- vation de la voie Hedgehog comme pour le TGF-ß1 sur les mêmes cellules. En revanche, la PTHrP active la voie Wnt/ß-caténine dont elle surexprime de manière précoce un gène cible, l’axin2 (× 3,9 ± 1,3 à 1 h). Discussion.– Dans l’évolution vers la fibrose interstitielle, les cellules épithéliales sont sources et cibles des facteurs inflammatoires et fibrotiques contribuant au maintien des processus inflammatoires et au dépôt de MEC. La surexpression de la PTHrP dans ces cellules en réponse à des cytokines inflammatoires et pro-fibrotiques appa- raît comme un processus d’amplification de la TEM. Cet effet passe par l’activation de son récepteur membranaire, le R-PTH1, et de la voie Wnt/ß-caténine. Conclusion.– Nos résultats indiquent que la PTHrP est une cytokine impliquée dans la modulation des processus fibrotiques. doi:10.1016/j.nephro.2011.07.313 AR06 Mesure de l’élasticité corticale rénale par élastographie ultrasonore dans un modèle expérimental de glomérulosclérose M. Derieppe a , Y. Delmas b , J.-L. Gennisson c , C. Deminière d , S. Placier e , M. Tanter c , C. Combe b , N. Grenier f a Laboratoire d’imagerie moléculaire et fonctionnelle : de la physiologie à la thérapie, FRE 3313 Cnrs/Université, Bordeaux Segalen, Bordeaux, France b Service de néphrologie, transplantation et dialyse, CHU de Bordeaux, hôpital Pellegrin, Bordeaux, France c Cnrs Umr7587, Inserm U979, Espci Paristech, institut Langevin–Ondes et images, Paris, France d Service d’anatomopathologie, CHU de Bordeaux, hôpital Pellegrin, Bordeaux, France e Inserm U489, höpital Tenon, Paris, France f Service d’imagerie médicale, CHU de Bordeaux, hôpital Pellegrin, Bordeaux, France But.– L’insuffisance rénale chronique s’accompagne d’une fibrose glomérulaire et interstitielle progressive indépendamment des mécanismes lésionnels initiaux. En pratique clinique, la quan- tification du degré de fibrose n’est possible qu’à travers l’anatomopathologie avec le moyen invasif qu’est la biopsie rénale. L’évaluation des interventions thérapeutiques motive le dévelop- pement de techniques non invasives de quantification de la fibrose. Le but de cette étude est de valider l’usage de l’élastographie par ultrasons dans un modèle expérimental de fibrose rénale induite chez le rat par l’administration chronique de L-NAME [1]. Matériels et méthodes.– Les rats de souche Sprague-Dawley ont été utilisés. Le L-NAME, un inhibiteur de la NO synthase leur est administré dans l’eau de boisson à la dose ajustée de 20 mg/kg/j. Quatre groupes de rats ont été étudiés : groupe contrôle (n = 8), groupe H4 imagé avant et à 4 semaines d’administration de L-NAME (n = 8), groupe H6 imagé avant et à 6 semaines d’administration de L-NAME (n = 15) et un groupe étudié longitudinalement (n = 9) imagé avant et après 4 et 7 semaines de L-NAME. L’élasticité cor- ticale est quantifiée par le module de cisaillement () avec une sonde de 8 MHz et acquisitions ultrarapides. Lors du sacrifice, les urines sont prélevées pour un dosage protéine/créatinine. Les reins sont analysés en anatomopathologie pour estimation lésion- nelle semi-quantitative. Le score histologique semi-quantitatif additionne les scores de 5 items (inflammation, fibrose vascu- laire, glomérulosclérose, fibrose interstitielle et lésions tubulaires), chaque item côté de 0 à 5 (donc score global pouvant aller de 0 à 25). Résultats.– Les rats ayant rec ¸ u du L-NAME présentent un ratio protéine/créatinine augmenté (moyenne = 6,7 mg/mg) et un score de fibrose modéré à l’analyse histologique. L’élasticité cor- ticale est mesurée à 4,55 ± 1,54 kPa chez les rats contrôles. Comparé au groupe contrôle, l’élasticité corticale est aug- mentée dans tous les groupes pathologiques, sauf pour H6 ; H4 = 6,87 ± 2,42 kPa (p = 0,046) ; H6 = 4,79 ± 1,08 kPa (p = 0,70) ; L4 = 7,18 ± 1,51 kPa (p = 0,012) ; L7 = 7,04 ± 1,55 kPa (p = 0,012). Si on considère l’ensemble des animaux, H4, H6 et L7, les valeurs d’élastométrie sont fortement corrélées au ratio pro- téine/créatininurie (r = 0,7 ; p = 0,0003). Cependant, aucune corréla- tion n’est observée entre le degré de fibrose corticale sur les scores de chaque item ou sur le score global et le degré d’élasticité corticale (p = 0,16 pour le score global). Discussion.– Cette étude montre que l’élasticité corticale mesurée par élastométrie ultrasonore augmente avec le degré de protéi- nurie dans le modèle L-NAME. Par rapport aux valeurs initiales, les valeurs d’élastométrie corticale augmentent de 76 % environ après 4 semaines puis restent stables. Il n’y a pas de corréla- tion mise en évidence entre les mesures d’élastométrie et les scores histologiques, cela peut-être dû au faible degré de fibrose observé du modèle L-NAME dans nos conditions d’expérience avec un score global de 1 à 8 sur une échelle de 25 ; d’autre part, l’élastométrie est une valeur quantitative linéaire tandis que le score histologique est semi-quantitatif. Enfin, l’élasticité est un reflet de changements structuraux globaux du paren- chyme qui peut ne pas être reflété par l’analyse histologique exclusive.