Rev Mal Respir 2008 ; 25 : 1341-2 © 2008 SPLF. Édité par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés 1341
Doi : 10.1019/200720020
Séminaire FMC
La découverte d’un cancer
du poumon : une opportunité
pour arrêter de fumer?
X. Quantin, S. Guillaume, A. Stoebner-Delbarre, P. Guichenez,
J.-L. Pujol
De nombreux malades atteints de cancer du poumon
poursuivent leur intoxication tabagique au cours de la prise
en charge thérapeutique. La poursuite de l’intoxication tabagi-
que a un impact sur le déroulement des traitements et la sur-
vie des patients. Le risque opératoire est augmenté. La
tolérance et l’efficacité des traitements médicaux (chimio-
thérapie, thérapie ciblée, radiothérapie) sont diminuées. Les
malades fumeurs ont une moins bonne qualité de vie et le
risque de second cancer est accru [1]. Le diagnostic de cancer
du poumon doit être considéré comme une opportunité
pour initier un sevrage. Plusieurs questions se posent à un
fumeur lorsqu’il envisage l’arrêt :
Un accompagnement à l’arrêt est-il utile ? Hughes et
al ont publié une méta-analyse montrant que lors d’une tenta-
tive de sevrage non aidé, 3 à 5 % des sujets seraient absti-
nents au bout d’un an. Le recours à un accompagnement
a une efficacité démontrée (Niveau A) [2]. L’association
d’un suivi régulier et d’un traitement pharmacologique de la
dépendance est plus efficace que la prescription du traite-
ment seul.
Existe-t-il une durée optimale de suivi quelles qu’en soit les
modalités ? Il semble que les interventions courtes soient
moins performantes. Le temps de consultation mais aussi le
nombre de contacts et la durée globale de prise en charge
sont des éléments importants [2]. Les données de la littéra-
ture ne permettent pas de préciser la nature précise des tech-
niques comportementales à mettre en œuvre.
Qui est le plus apte à m’aider ? L’intervention de différents
intervenants plus que la nature des intervenants (pourvu
qu’ils soient formés) renforce l’efficacité de la prise
en charge (niveau A) [2]. Il est donc recommandé de travailler
en équipe ou en réseau afin de personnaliser l’accompagne-
ment.
Un médicament est-il susceptible de m’aider ?
Service des maladies respiratoires, Hôpital A de Villeneuve, CHU de
Montpellier, Montpellier, France.
Correspondance : X. Quantin
Service des Maladies Respiratoires, Hôpital A de Villeneuve,
CHU de Montpellier, 34295 Montpellier cedex 05.
x-quantin@chu-montpellier.fr