243 giornale di storia costituzionale / journal of constitutional history 32 / II 2016 Introduction L’année 2015 qui vient de se conclure a vu la célébration du 800ème anniversaire de l’approbation de la Magna Carta, qui fut signée en 1215. Cet évènement a attiré une grande attention et un nombre consi- dérable d’études ont été publiés pour ex- plorer son contenu et ses conséquences historiques et juridiques 1 . Cela a sans doute contribué à donner à ce document un caractère presque mythique. D’ailleurs, comme l’a dit un éminent juge anglais, «l’importance de la Magna Carta réside non seulement dans ce qu’elle dit, mais peut-être encore plus dans ce que les gé- nérations successives ont prétendu et cru qu’elle a dit. Parfois le mythe est plus im- portant que la réalité» 2 . Ce n’est pas par hasard si l’on fait aujourd’hui référence à la Magna Carta quand on veut décrire un processus de réforme qui puisse conduire à la promulgation d’un texte fondateur d’un Etat civil, comme une Constitution. Un exemple très récent vient justement de l’autre côté de la Manche, où le débat est as- sez animé sur l’opportunité de rédiger une Constitution écrite 3 . La House of Commons (une des deux chambres du Parlement an- glais), à travers le Comité pour la réforme politique et constitutionnelle (« Political and Constitutional Reform Committee ») a lancé le 10 juillet 2014 une vaste consul- tation publique sur la question de la codifi- cation de la Constitution du Royaume-Uni, dont les résultats ont été publiés le 3 mars 2015. Le titre choisi pour cette initiative est significativement « A new Magna Carta ? » (« Une nouvelle Magna Carta ? ») 4 . Le sens et l’héritage de la Magna Carta ont été étudiés sous plusieurs aspects, dans des perspectives différentes : par les histo- riens du droit, les spécialistes du droit pu- blic, les experts dans le domaine des rap- ports entre loi et religion. Les réflexions qui suivent voudraient essayer de fournir un point de vue comparatiste. Comme on le sait, le droit comparé est un domaine d’études un peu étrange ; «strange», La Magna Carta 800 ans après. Son héritage dans la tradition juridique de common law* ermanno calzolaio