RÉSUMÉ par Clément Carbonnier 16 janvier 2015 Coût d’opportunité des politiques d’emploi en France : Ce qu’on pourrait faire de mieux au même prix France is one of the countries where tax expenditures are most developed. In social and employment policy alone, these tax expenditures amount to more than € 90 billion in accounting cost (excluding spending on the CICE). This Policy Brief evaluates the efficiency of two of the most expensive programs, which aim specifically at reducing labour cost for low-skilled jobs. Of the € 27 billion spent on general employer social security contributions exemptions and on programs targeted on employment in personal services, more than € 6 billion are dedicated to policies which cost is superior to € 62 500 by year and by job created. This article explores the possibility of replacing part of this spending with direct public financing of “quality jobs” (publicly or privately operated) in the social services sector. It concludes that transferring the budget that is currently dedicated to the least efficient tax expenditures (those targeting higher salaries and higher income households) to public financing of social investment services would have no damaging effects on employment in the short run. The risk of private jobs eviction as a result of the public subsidy is taken into account. * Les auteurs adhèrent à la charte de déontologie du LIEPP, disponible en ligne, et n'ont déclaré aucun conflit d'intérêt potentiel. clement.carbonnier@u-cergy.fr Clément Carbonnier est maître de conférences à l’université de Cergy-Pontoise, chercheur au THEMA et codirecteur de l’axe « politiques socio-fiscales » du LIEPP de Sciences Po. La France est l’un des pays où les politiques d’exemptions fiscales et d’exonérations de cotisations sociales sont les plus développées. Le coût budgétaire des dispositifs mis en place dans le seul domaine de la protection sociale et de l’emploi dépasse les 90 milliards d’euros (hors CICE). Ce Policy Brief évalue l’efficacité de deux de ces programmes, parmi les plus coûteux et les mieux connus, visant spécifiquement à faire baisser le coût du travail des emplois peu qualifiés. Sur les 27 milliards consacrés aux exonérations générales de cotisations employeur et aux dispositifs concernant l’emploi de salariés à domicile, plus de 6 milliards d’euros sont consacrés à des politiques dont le coût est supérieur à 62 500 € par an et par emploi créé. Cet article examine la possibilité de remplacer une partie de ces dépenses fiscales par le financement direct par l’État d’emplois « de qualité » (publics ou privés) répondant à des besoins sociaux spécifiques. Le basculement du budget actuellement consacré à la part la moins efficace des dépenses fiscales (celles qui visent les plus hauts salaires ou les ménages aux revenus les plus élevés) vers le financement public de services à visée sociale n’aurait pas d’effet néfaste pour l’emploi à court terme, le risque d’éviction d’emplois privés par la subvention publique étant pris en compte. ABSTRACT Bruno Palier bruno.palier@sciencespo.fr Bruno Palier est co-directeur du LIEPP et directeur de recherche du CNRS à Sciences Po. Chloé Touzet chloe.touzet@sciencespo.fr Michaël Zemmour michael.zemmour@univ-lille1.fr Chloé Touzet est assistante de recherche au LIEPP. Michaël Zemmour est maître de conférences à l’université Lille 1 (Clersé).