LAETITIA ZECCHINI, CNRS/THALIM Penser le modernisme à partir de l’Inde : traduction et braconnage, recyclage et renouvellement It is thus absolutely crucial to acknowledge at the outset that we are all Eurocentric in this sense, even and perhaps especially when we attempt to tell the story of such non-European objects as Indian, Chinese, and Arabic literature. This acknowledgement is necessary in order both to recognize the enormity of the problem and the difficulty of effort it requires. Aamir MUFTI Quelle est cette histoire de notaires, où la filiation se rapporte à l’héritage, la valeur d’une idée aux intérêts de son emprunt et la philosophie à une querelle de succession ? Reste que les circulations intellectuelles ne sont pas des transferts de fonds, que les concepts se trafiquent davantage qu’ils s’échangent et qu’ils se piratent bien plus qu’ils ne se monnaient. Patrick BOUCHERON The multiplicity and simultaneity of these worlds filled me with a sense of being part of them all... It was a multiverse of sorts. And I decided to use it all. Gulammohammed SHEIKH J’aimerais poursuivre ici 1 la réflexion que je mène sur le modernisme en Inde à travers l’œuvre d’écrivains et d’artistes de Bombay, en particulier du poète bilingue anglais-marathi Arun Kolatkar, pour élargir les questionne- ments à la fois théoriques, poétiques et esthétiques que pose cette réflexion d’un modernisme à partir de l’Inde. Par « modernisme », notion utilisée par la critique de langue anglaise, y compris en Inde, j’entends la modernité esthétique et littéraire ou ce que Susan Stanford Friedman – dont l’œuvre appelle à une révision radicale des bornes spatiales et temporelles du moder- nisme, de son canon et de sa cartographie – appelle encore la « dimension 1. Cet article a bénéficié du soutien du laboratoire d’excellence TransferS (programme Investis- sements d’avenir ANR-10-IDEX-0001-02 PSL* et ANR-10-LABX-0099). 96 LITTÉRATURE N° 184 – DÉCEMBRE 2016 rticle on line rticle on line