22 Journée UMR mai 2017 Depuis la création du projet ALeRT (Archéologie, Littoral et Réchauffement Terrestre) en 2006, de nombreux sites archéologiques ont pu être expertisés quant à leur vulnérabilité face aux érosions naturelles (marine, pluviale, éolienne) et aux aménagements anthropiques. Ce projet prend diverses formes qui ont déjà fait l’objet de communications et de publications (Daire et al. 2016a ; https://alert-archeo.org/). Depuis 2016, et jusqu’en 2018, le projet bénéficie du soutien de la Fondation de France (Martin et al. 2016) qui permet de poursuivre le travail d’observation, d’expertise, d’étude, et de communication déjà entamé depuis 10 ans, mais aussi d’envisager des opérations de terrain plus ou moins lourdes en réponse aux situations d’urgence. Nous proposons ici de présenter quelques exemples d’actions illustrant l’actualité récente du projet : — dans le cadre du suivi archéologique du site de l’île du Bec (Lampaul- Ploudalmézeau ; Finistère), en 2015 (Daire et al. 2016b), une prospection magnétique avait été mise en place sur une petite partie de l’île, sur un atelier de briquetage gaulois connu depuis 1992 (fig. 1). Les premiers résultats, plus qu’encourageants, nous ont amenés à renouveler l’opération sur la totalité de l’île en 2017. — Depuis 2007, la plage de Plougasnou – Saint-Jean-du-Doigt (Finistère) livre du mobilier archéologique préservé dans une tourbière, se découvrant au gré des démaigrissements de l’estran (site découvert et signalé par F. Le Gall). Une prospection au magnétomètre a été suivie d’une campagne de sondages en mars 2017 dont les données sont en cours de traitement. — Enfin, l’île de Groix (Morbihan) a fait l’objet d’une nouvelle campagne de prospection en 2017. Celle-ci prend la suite d’un long travail d’observation, initié depuis la fin des années 1980 dans le cadre de l’AMARAI (Association Manche Atlantique pour la Recherche Archéologique dans les Îles) et poursuivi dans le cadre du projet ALeRT depuis sa création. Trois jours ont donc été utilisés pour parcourir la côte est de l’île, mais aussi pour mener des études plus complètes sur certains sites, notamment dans le cadre de travaux universitaires. Ainsi, le site mésolithique du Gorzed, réétudié actuellement dans le cadre d’un Master 2 1 est particulièrement sensible à l’érosion pluviale et au piétinement (fig. 2) ; tandis que l’éperon barré de Kervédan, étudié dans le cadre d’une thèse de doctorat de l’Université de Rennes 1 2 , situé à moins de 2 km, est particulièrement sensible aux passages des vélos et des piétons. Cette vision sur une partie de la commune permet de mieux appréhender les divers facteurs d’érosion sur les sites archéologiques, ainsi que diverses chronologies et type d’occupation. 1 DENAT G.-A. en cours. Une occupation insulaire du Mésolithique : le site du Gorzed (Groix, Morbihan). Mémoire de Master 2, Université de Rennes 2. 2 DUVAL H. en cours. Les sites fortifiés littoraux de la façade Manche-Atlantique de l’Europe : territoires, échanges et pouvoirs, au 1er millénaire avant notre ère. Thèse de doctorat, Université de Rennes 1. Dans le cadre du projet ALeRT, plusieurs autres opérations et études sont engagées ou en cours sur l’île de Sein (Finistère ; sous la responsabilité de L. Dutouquet), à Longeville (Vendée ; sous la responsabilité de J.-M. Large), à Saint-Hilaire-de-Riez (Vendée ; sous la responsabilité d’H. Gandois et L. Rousseau), etc. Bien entendu, tous ces travaux de recherches ne peuvent se faire sans les nombreux bénévoles qui découvrent les sites, ou les suivent depuis des années et permettent ainsi de mieux appréhender les occupations humaines, en recueillant les informations avant qu’elles ne disparaissent. Nous les remercions pour ce travail. Chloë Martin Laboratoire Archéosciences UMR6566 CReAAH Université de Rennes1 Marie-Yvane Daire Laboratoire Archéosciences UMR6566 CReAAH Université de Rennes1 Bibliographie DAIRE M.-Y., OLMOS P., LÓPEZ-ROMERO E. 2016a. « Le projet ALeRT. Des sites archéologiques en danger sur le littoral de la Manche et de l’Atlantique ». Archéopages, n°42, avril-juillet 2015, p. 124-133. DAIRE M.-Y., OLMOS P., LANGOUËT L., BERNARD Y., QUESNEL L. 2016b. « Alerte à l’île du Bec, Lampaul-Ploudalmézeau ALeRT : l’archéologie littorale versus l’érosion. Chronique 2016-2017. Chloë Martin, Marie-Yvane Daire