Revue du rhumatisme 80 (2013) 179–182
Disponible en ligne sur
www.sciencedirect.com
Fait clinique
Taux plasmatiques du récepteur soluble de l’urokinase plasminogène activateur
(suPAR) dans la spondylarthrite ankylosante
Gergely Toldi
a,∗
, Balázs Szalay
b
, Gabriella Bek ˝ o
b
, László Kovács
c
, Barna Vásárhelyi
b
, Attila Balog
c
a
Premier service de pédiatrie, université Semmelweis, Bókay u. 53-54, 1083 Budapest, Hongrie
b
Service de médecine de laboratoire, université Semmelweis, Bókay u. 53-54, 1083 Budapest, Hongrie
c
Service de rhumatologie, centre sanitaire Albert-Szent-Györgyi, université de Szeged, Kálvária sgt. 57, 6027 Szeged, Hongrie
i n f o a r t i c l e
Historique de l’article :
Accepté le 6 juillet 2012
Disponible sur Internet le 28 septembre
2012
Mots clés :
Spondylarthrite ankylosante
CRP
Inflammation
SuPAR
r é s u m é
Des études récentes ont démontré que le récepteur soluble de l’urokinase plasminogène activateur
(suPAR) est un marqueur précieux à la reconnaissance d’une réponse inflammatoire. Une inflammation
en cours entraîne des taux plasmatiques élevés de suPAR. Notre objectif était de définir les taux plasma-
tiques de suPAR chez les patients atteints de spondylarthrite ankylosante (SA) face à des individus sains
afin de montrer que le suPAR pourrait être utilisé comme marqueur clinique de l’inflammation dans la SA.
Nous avons mesuré les taux plasmatiques de suPAR et de la protéine C réactive (CRP) ainsi que la vitesse
de sédimentation des hématies (VSH) chez 33 patients atteints de SA à différents stades de durée de la
maladie et de son activité et de même chez 29 témoins sains. Les valeurs de la CRP et de la VSH étaient plus
élevées chez les patients atteints de SA que chez les individus sains, alors que les valeurs de suPAR étaient
comparables (médiane [intervalle interquartile] : 2,97 [2,57–3,80] ng/mL versus 2,80 [2,06–3,42] ng/mL,
p > 0,05). Chez les patients atteints de SA, une corrélation a été détectée entre les scores d’indice d’activité
de la spondylarthrite ankylosante (BASDAI) et la CRP ainsi qu’avec les valeurs de la VSH, mais pas en lien
avec les taux de suPAR (p = 0,0005, r = 0,57 et p = 0,01, r = 0,43, respectivement). Contrairement à beaucoup
d’autres maladies inflammatoires, les taux plasmatiques de suPAR ne reflètent pas d’inflammation dans
la SA. Afin d’évaluer l’état inflammatoire dans la SA, les valeurs de la VSH et particulièrement celles de la
CRP sont encore des marqueurs cliniques plus appropriés. Dans la lignée de découvertes antérieures, nos
résultats indiquent que, contrairement au suPAR, ces deux marqueurs sont positivement liés à l’activité
de la maladie dans la SA.
© 2012 Société Française de Rhumatologie. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
1. Introduction
Le récepteur activateur plasminogène type urokinase (uPAR) est
exprimé sur différents types de cellules, dont les cellules immu-
nitaires, les cellules du muscle lisse et les cellules endothéliales
[1]. Cette protéine membranaire peut être libérée de la surface de
la cellule, formant ainsi un récepteur soluble libre, le récepteur
soluble de l’urokinase plasminogène activateur (suPAR). Le suPAR
est détectable à basses concentrations, pratiquement constantes,
dans le plasma chez les individus sains [2]. Cependant, des études
récentes ont démontré que le suPAR est un marqueur précieux à la
reconnaissance d’une réponse inflammatoire. Une activation élevée
du système immunitaire et une inflammation en cours entraînent
DOI de l’article original : http://dx.doi.org/10.1016/j.jbspin.2012.06.023.
Ne pas utiliser, pour citation, la référence franc ¸ aise de cet article, mais la réfé-
rence anglaise de Joint Bone Spine avec le doi ci-dessus.
∗
Auteur correspondant.
Adresse e-mail : toldigergely@yahoo.com (G. Toldi).
des taux plasmatiques de suPAR élevés, comme rapporté dans des
affections telles que des maladies infectieuses [3], des maladies
auto-immunes [4], des maladies néoplasiques [2] et des maladies
liées à la grossesse [5]. Par ailleurs, des taux plasmatiques élevés
de suPAR ont été associés à un risque élevé d’inflammation de bas
grade, ce qui est un facteur contribuant au développement de mala-
dies cardiovasculaires et du diabète de type II, et est associé à une
mortalité plus élevée [6]. Il est important de noter que les taux plus
élevés de suPAR étaient proportionnels à un pronostic moins bon
concernant les maladies citées ci-dessus [3,6].
La grande stabilité du suPAR dans les échantillons plasmatiques
en fait un candidat idéal en tant que marqueur clinique potentiel.
Contrairement à la protéine C réactive (CRP), les taux de suPAR
sont stables tout au long de la journée chez les individus sains,
indépendamment du jeûne. Même des procédures répétées de
congélation-dégel des échantillons plasmatiques n’affectent pas les
concentrations du suPAR [7].
La spondylarthrite ankylosante (SA) est une maladie rhumatolo-
gique à médiation immunitaire caractérisée par une inflammation
chronique. La réaction auto-immune affecte principalement les
1169-8330/$ – see front matter © 2012 Société Française de Rhumatologie. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
http://dx.doi.org/10.1016/j.rhum.2012.08.005