Pourtau, Dauchy, Ragusa, Cox, Caron & Delaloge, axe 1 L’arrivée de la médecine prédictive, quelle autonomie du sujet après le dépistage d’une prédisposition du cancer ? Lionel POURTAU 1 Introduction Face aux controverses quant à l’utilisation large de la mammographie de dépistage "de masse" (risques de surdiagnostic, surtraitement, faux-positifs…), il semble nécessaire de pouvoir mieux définir la population cible du dépistage du cancer du sein en s’appuyant sur des modèles d’évaluation du risque personnalisés [Hall, Easton, 2013]. Le programme PRIMROSE part de l’hypothèse selon laquelle les progrès dans les outils de dépistage oncogénétique, permettant une meilleure identification et accroissant la compréhension des facteurs de risque de cancer du sein, peuvent être utilisés pour mieux cibler les femmes à orienter vers un programme de mammographie. Il se donne ainsi pour objectifs de produire un modèle pertinent du risque individuel de développer un cancer du sein, associant les polymorphismes génétiques constitutionnels (SNPs) et la densité mammaire avec les facteurs de risque conventionnels, et d’évaluer l’impact social, dans la population générale, de la prédiction des risques fondée sur le modèle ainsi créé. Dans le cadre du projet « clinique du risque » de l’Institut Gustave Roussy, une équipe pluridisciplinaire a développé un logiciel de calcul des risques de cancer du sein dans la population générale. Les femmes dont le risque est calculé avec le médecin se verront ainsi proposer un programme de dépistage et prévention adapté à leur risque théorique de développer un cancer du sein. Des évaluations du ressenti du calcul du risque lui-même, de la modalité de calcul, des paramètres étudiés et de l’interface a été réalisé. Ce sont les résultats de cette recherche qui seront présentées. Nous présenterons aussi les premiers éléments épistémologiques, méthodologiques et éthiques de l’étape suivante, le prélèvement génétique en population générale. 1Gustave Roussy/ES3 Paris Sud 1