ARTICLE ORIGINAL
L’état de mal résistant aux antiépileptiques
F. Assal, A. Coeytaux, P. Jallon
Unité d’EEG, clinique de neurologie, hôpital cantonal universitaire, 24, rue Micheli-du-Crest, 1211 Genève 24, Suisse
(Reçu le 2 août 1999 ; accepté le 17 décembre 1999)
Résumé – L’état de mal (EDM) réfractaire est défini par sa résistance aux antiépileptiques. Les erreurs diagnostiques,
comme les pseudo-crises et les encéphalopathies avec ondes triphasiques, doivent être distinguées dans un premier
temps des EDM réfractaires. Ces derniers traduisent une lésion cérébrale focale ou, le plus souvent, une affection
systémique aiguë, habituellement métabolique. Le traitement est celui de la correction du facteur déclenchant. Une
situation nosographique encore débattue, les PLED, sera également présentée. © 2000 Éditions scientifiques et
médicales Elsevier SAS
état de malondes triphasiquesPLED
Summary – Drug-resistant status epilepticus. Refractory epileptic state (RES) is defined by severe seizures that are
resistant to antiepileptic drug treatment. Diagnostic errors such as pseudo-seizures and encephalopathies with triphasic
waves must be distinguished at an early stage from cases of RES. The latter are symptomatic of a focal brain lesion or
severe systemic disease, most frequently metabolic in origin. The treatment of such conditions is aimed at correction
of the underlying cause. A nosographic issue that is still a subject of discussion and which requires further study, i.e.,
PLEDS, will also be discussed in this article. © 2000 Éditions scientifiques et médicales Elsevier SAS
status epilepticustriphasic wavesPLEDS
L’état de mal épileptique (EDM) se définit comme une
crise prolongée, pendant plus de 30 minutes, ou des
crises répétées, durant plus de 30 minutes, sans reprise
de la conscience. Dans la littérature, les EDM sont
réfractaires si les crises durent au-delà de 60 minutes,
après le début du traitement antiépileptique [20]. Ils
représentent environ 30 à 40 % des EDM d’un centre
hospitalier universitaire [27, 33] et le risque de dévelop-
per un EDM réfractaire est plus élevé chez la personne
âgée [4]. Cette définition est donc dépendante du ré-
seau de soins et de la rapidité de l’instauration du
traitement. Nous ne discuterons pas des aspects pure-
ment thérapeutiques des EDM réfractaires qui relèvent
de la médecine intensive. Nous traiterons tout d’abord
des erreurs diagnostiques cliniques, les pseudo-crises et
électroencéphalographiques, les encéphalopathies avec
ondes triphasiques, à différencier des états de mal non
convulsifs. Ensuite, nous aborderons des situations
nosographiques encore débattues, les PLED (Periodic
lateralized epileptiform discharges) et les anomalies de
type burst suppression. Nous terminerons par les plus
fréquents EDM réfractaires, entrant dans le cadre d’une
affection systémique aiguë ou plus rarement d’une
atteinte focale du système nerveux central (SNC).
LES ERREURS DIAGNOSTIQUES
Les erreurs diagnostiques cliniques comprennent les
pseudo-crises, sur lesquelles nous serons brefs. Les
Neurophysiol Clin 2000 ; 30 : 139-45
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