S52 Communications orales / La Revue de médecine interne 30 (2009) S36–S76 Résultats.– Les femmes originaires d’Afrique du Nord, mais pas les hommes, avaient un indice de masse corporel (IMC) supérieur à leurs homologues euro- péennes (28,5 contre 26,8 kg/m 2 , p < 0,001), une plus grande prévalence du diabète (19 contre 9 %, p < 0,001 après ajustement pour l’IMC) et moins de tabagisme présent ou passé (20 contre 31 %, p < 0,001). Les Africains du Nord des deux sexes pratiquaient moins souvent une activité physique de loisir que leurs témoins. En revanche, le niveau de PA, la prévalence des complications car- diovasculaires et rénales et la proportion d’HTA secondaires étaient similaires dans les deux groupes. Conclusion.– Cette étude ne met pas en évidence de caractéristique spécifique de la maladie hypertensive dans un grand groupe de patients nés en Afrique du Nord et vivant en France. Cependant, les femmes hypertendues nées en Afrique du Nord étaient plus corpulentes et plus souvent diabétiques que les hypertendues nées en Europe, suggérant l’intérêt d’interventions ciblées sur leur mode de vie (alimentation et exercice physique). doi:10.1016/j.revmed.2009.03.068 CO044 Analyse descriptive des patients de 5 consultations sans rendez-vous avec PASS intégrée à l’AP–HP B. Gatin a , C. Aparicio b , A. Carron c , P. Chauvin d , H. de Champs Leger e , C. de Gennes f , J. Lebas g , J. Platon h , C. Georges-Tarragano a a Service de médecine interne, hôpital Saint-Louis, Paris, France b Service d’urgences, hôpital Lariboisière, Paris, France c Service social, hôpital Saint-Antoine, Paris, France d Umrs 707, Inserm, université Paris-VI, Paris, France e Service de médecine interne, hôpital Hôtel-Dieu, Paris, France f Service de médecine interne, hôpital de la Pitié, Paris, France g Service de médecine interne, hôpital Saint-Antoine, Paris, France h Service social, hôpital Saint-Louis, Paris, France Introduction.– Les consultations hospitalières sans rendez-vous avec PASS inté- grées sont des structures dont le rôle spécifique est insuffisamment connu. Dans le contexte du développement de la tarification à l’activité, elles sont mal valo- risées et mises en difficulté. L’objectif de notre travail était de documenter la pertinence des recours dans ces structures et de préciser leur place dans le circuit de soins. Patients et méthodes.– Nous avons analysé de fac ¸on prospective les caractéris- tiques médicales et sociales d’au moins 100 patients consécutifs par centre dans 5consultations sans rendez-vous avec PASS intégrée de l’AP–HP. Résultats.– Cinq cent quatre-vingt-un patients ont été inclus dans l’étude. Trente pour cent étaient inclus dans la PASS. Soixante-cinq pour cent étaient des hommes, l’âge moyen de 46 ans. Quatre-vingt pour cent étaient nés hors de France. Trente pour cent étaient inscrits dans le cadre de la PASS. Cinquante pour cent n’avaient pas de logement stable. Quarante-deux pour cent étaient inactifs ou au chômage. Dix-huit pour cent n’avaient aucun revenu. Soixante- quatre pour cent n’avaient aucun suivi médical régulier. Soixante-deux pour cent n’avaient pas de médecin traitant déclaré. Vingt-neuf pour cent consul- taient dans ces structures pour raisons financières. Dans 52 % des cas, le patient était porteur d’une pathologie chronique justifiant un accès aux soins. Plusieurs pathologies étaient associées dans 34 % des cas. Un problème psychologique ou psychiatrique était associé dans 18 % des cas. Cinquante-trois pour cent des consultations duraient plus de 20 minutes. La consultation était suivie de la pres- cription de médicaments dans 73 % des cas, d’un bilan biologique dans 27 % des cas et d’examen radiologique dans 18 % des cas. Conclusion.– Les consultations sans rendez-vous accueillent des patients en situation de précarité, en marge du circuit de soin classique et avec un besoin médical réel. Ces données permettent d’insister sur l’importance d’une consulta- tion sans rendez-vous polyvalente dans les hôpitaux publics, au-delà de la seule PASS au sens strict et administratif du terme. doi:10.1016/j.revmed.2009.03.069 CO045 Profil des patients d’une permanence d’accès aux soins de santé parisienne M. Casadevall a , J. Blacher b , C. Calimia c , F. Haus c , M. Giorno c , H. Lelong c , C. Le Jeunne a , H. de Champs Leger c a Service de médecine interne, Hôtel-Dieu, Assistance Publique, Paris, France b Centre de diagnostic et thérapeutique, HTA et prévention cardiovasculaire, Hôtel-Dieu, Assistance Publique, Paris, France c PASS, centre de diagnostic et thérapeutique, Hôtel-Dieu, Assistance Publique, Paris, France Introduction.– Un centre hospitalo-universitaire parisien a intégré depuis dix ans, à une consultation de médecine générale une permanence d’accès aux soins de santé dédiée aux patients en situation de précarité. Deux populations différentes se côtoient donc au sein d’une même consultation. Afin de mieux connaître la population de patients précaires et dans le but d’en améliorer la prise en charge, nous nous sommes proposés de comparer cette population à la population « non précaire » en nous intéressant aussi bien aux caractéristiques démographiques et socioéconomiques qu’aux données médicales. Matériels et méthodes.– Nous avons réalisé du 16 janvier au 10 février 2006 une enquête prospective incluant tous les patients consultants (précaires et non précaires), à l’aide d’un questionnaire rempli par les médecins de la consultation. 257 patients ont été inclus dans l’étude, 63 % d’entre eux étaient considérés en situation de précarité (en termes de couverture sociale, de légalité du titre de séjour, de ressource ou de logement). Résultats.– Deux profils de patients se sont dessinés : les patients précaires sont majoritairement des hommes (65 %), jeunes (âge moyen 37 ans), étran- gers (87 %), en situation irrégulière ou régularisés temporairement (75 %), 15 % n’ont aucune couverture sociale, 60 % sont couverts par l’aide médicale état ou la couverture médicale universelle ; la population des patients non précaires est plus âgée (49 ans), composée autant d’hommes que de femmes, de natio- nalité franc ¸aise (65 %), couverte par le régime de base de la sécurité sociale (74 %) ou pris en charge à 100 % (23 %). Nous n’avons pas mis en évidence de différence significative en termes de motifs médicaux de consultation. Que les patients soient en situation de précarité ou non, les pathologies oto-rhino- laryngologiques sont les premiers motifs de consultation (22 %), puis viennent les affections de l’appareil ostéo-articulaire (20 %), du système cardiovasculaire (16 %), du système digestif (15 %). Nous n’avons pas retrouvé, comme on peut le voir dans la littérature, de taux significativement plus élevé de diabète dans la population précaire, en revanche, le taux de sérologies positives pour l’hépatite C est plus élevé (6 % vs 1,3 %). Discussion.– La population rencontrée au sein de cette consultation est double et s‘oppose en termes démographique : une majorité de patients précaires (63 %) dont les caractéristiques ressemblent à celles des consultants d’autres struc- tures d’accueil spécifiques et une population dont le profil est plus semblable à celui des consultants habituels de la médecine générale. En revanche, les motifs médicaux de consultation d’une part diffèrent peu entre patients précaires et non précaires et d’autre part sont assez similaires à ceux rencontrés en médecine de ville. Cette étude n’a pas mis en évidence de pathologie spécifique de la préca- rité, mais la lourdeur et le cumul des pathologies chez les patients précaires n’ont pu être suffisamment évalués et bénéficieraient d’un travail complémentaire. Conclusion.– Les permanences d’accès aux soins de santé ont une place bien à part dans le réseau de soin et remplissent la mission qui leur incombe : permettre l’accès de consultations de médecine générale à une population en situation de précarité. Pour en savoir plus [1] Lebas J. Rapport Mission PASS. Direction des hôpitaux. 2000. [2] Parizot I. Le recours aux soins des personnes en situation précaire: Une recherche auprès des consultants de centres de soins gratuits en région pari- sienne. Rev Epidemiol Sante Publique 2003;51:577–88 doi:10.1016/j.revmed.2009.03.070 View publication stats View publication stats