1 La défiance étatique à l’égard de l’arbitrage investisseur-État exprimée dans quelques projets et instruments conventionnels récents Publié dans Journal du droit international, 2017, n° 1, pp. 81-98. Julien CAZALA Maitre de conférences HDR à l’Université d’Orléans L’arbitrage investisseur-État a connu un spectaculaire développement depuis le début des années 1990. Cela a été facilité par la multiplication des traités bilatéraux de promotion et de protection des investissements contenant des clauses d’arbitrage. S’est développé depuis quelques années un mouvement de contestation de cette forme de règlement des différends. Cela a conduit un grand nombre d’États à encadrer beaucoup plus strictement dans leurs traités les plus récents les conditions dans lesquelles un investisseur étranger pourra recourir à l’arbitrage international pour régler ses différends avec l’État. D’autres moins nombreux ont radicalement supprimé la possibilité de l’arbitrage investisseur-État de leurs instruments les plus récents. Il n’est ainsi pas exagéré de considérer que le droit international des investissements apparaît être à un tournant. Investor-State arbitration has literally boomed since the early 90’s. This is mainly a consequence of the proliferation of bilateral investment treaties containing arbitration clauses. For the last few years has appeared and increased a trend of criticizing of this type of dispute settlement procedure. This has led many States to regulate more strictly the conditions under which a foreign investor may resort to international arbitration to resolve its investment disputes with the host State. Other fewer states have decided to exclude the possibility of investor-state arbitration of their most recent instruments. It is thus not exaggerated to consider that international investment law is facing a turning point.