17-12-01 08(53 Lʼextrême-droite québécoise et ses inspirations internationales : France, (...) - Le Journal des Alternatives Page 1 sur 2 http://journal.alternatives.ca/spip.php?article8368 L’extrême-droite québécoise et ses inspirations L’extrême-droite québécoise et ses inspirations internationales : France, États-Unis et pays nordiques internationales : France, États-Unis et pays nordiques Emanuel Guay, Francis Dolan, 30 novembre 2017 La longue histoire du nationalisme québécois donne une teinte particulière aux mouvements identitaires, racistes et d’extrême-droite qui se multiplient depuis quelques années. Par contre, différentes inspirations internationales entrent en ligne de compte dans le développement des mouvements québécois d’extrême-droite et les réseaux d’alliance qui les relient. Nous présenterons ici trois grands centres d’influence qui servent d’inspiration idéologique et stratégique pour les diverses organisations d’extrême-droite actuelles au Québec. L’extrême-droite française, une inspiration majeure au Québec La France demeure sans doute le pays duquel l’extrême-droite québécoise s’inspire le plus, tant au plan des idées que du point de vue organisationnel. On peut d’abord noter que la Fédération des Québécois de Souche a été lancée en juillet 2007 comme la branche québécoise du Mouvement National-Socialiste Français (MNSF), son premier site web ayant en fait été hébergé sur le site du MNSF1. Plus récemment, le groupe Atalante a adopté le slogan « Exister c’est combattre ce qui me nie » en hommage à Dominique Venner, figure mythique de l’extrême-droite française. D’abord membre de l’Organisation Armée Secrète (OAS), groupe paramilitaire d’extrême-droite luttant contre l’indépendance de l’Algérie, puis historien partisan de la théorie du choc des civilisations, Venner s’est suicidé en 2013 dans la Cathédrale Notre-Dame de Paris pour marquer son opposition au mariage entre personnes de même sexe2. Il est aussi intéressant de souligner que dans les différents forums de l’extrême- droite québécoise, une théorie en vogue est celle du grand remplacement, forgée par l’écrivain français Renaud Camus en 2011 puis montée en courant politique avec la parution d’un manifeste intitulé « Non au changement de peuple et de civilisation », en septembre 2013. Camus y affirme que le « peuple français de souche » se voit remplacé de plus en plus rapidement par une population dite « allophone », c’est-à- dire non blanche et non chrétienne. Bien que ces thèses aient été démenties vigoureusement par plusieurs démographes et historien-nes3, elles demeurent très populaires dans les cercles racistes, en offrant une lecture des tendances démographiques actuelles qui renforce leurs angoisses identitaires et leur haine de l’Autre. L’extrême-droite américaine et les stratégies de dissimulation Les États-Unis ont attiré l’attention du monde entier l’année dernière avec l’élection de Donald Trump, dont les appuis électoraux – des évangélistes conservateurs au Ku Klux Klan en passant par des milices armées patriotiques– n’ont pas tardé à faire les manchettes. Un terme couramment employé pour désigner une partie de cette nébuleuse d’extrême-droite est l’Alt-Right, mis de l’avant par l’idéologue Richard Spencer en 2008 et popularisé depuis près d’un an par les médias grand public. Une des clés du succès de l’Alt-Right dans les médias sociaux – et de leur capacité à mobiliser dans les rues, comme en témoignent les affrontements violents à Berkeley et Charlottesville – réside dans leurs stratégies de dissimulation, ce qui distingue cette tendance des groupes d’extrême-droite traditionnels. Les groupes et mouvements associés à l’Alt-Right savent effectivement que l’expression de sentiments racistes, bien qu’elle n’ait jamais complètement disparu, a été largement discréditée dans l’espace public suite aux horreurs de la Deuxième Guerre mondiale et aux avancées du mouvement des droits civiques. Plutôt que de s’afficher ouvertement comme raciste – à l’instar des groupuscules néonazis et des autres formations d’extrême-droite traditionnels – l’Alt-Right gagne du terrain en recrutant de nouveaux et nouvelles adhérent-e-s tout en dissimulant, en tout ou en partie selon le contexte, ses visées suprématistes blanches. Parmi ces stratégies de dissimulation, on peut mentionner l’ironie, qui permet de partager des propos racistes, sexistes, antisémites, etc., tout en se réclamant de l’humour pour esquiver toute accusation4. Une autre stratégie est celle des agents secrets, qui montent les échelons dans un environnement donné (gouvernement, entreprise privée, etc.) et qui utilisent ensuite leur pouvoir pour promouvoir leur agenda raciste (en Rechercher Abonnez-vous au Journal Benito Perez, 30 novembre 2017 Coup d’Etat électoral au Honduras Ils ont osé ! On pressentait depuis dimanche qu’une fraude massive se tramait au Honduras pour (...) JC Cartagena, Nadine Briatte, 30 novembre 2017 Réflexions après l’élection présidentielle du 19 novembre 2017 au Chili Le premier tour de l’élection présidentielle au Chili a montré un déplacement à gauche de la société (...) Laura Raim, 30 novembre 2017 Israël verrouille son territoire contre les critiques Sept élu.e.s français sont les dernières victimes des interdictions d’entrée pour tout partisan du (...) Clémentine Autain, 30 novembre 2017 AECG/CETA : Philip Morris ou la démocratie ? 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