LE MALENTENDU EN MILIEU CONFLICTUEL UNE RÉVISION DU CAS STANDARD 1 Renata Galatolo Université de Bologne Suivant la définition du malentendu standard (Weigand, 1999), l’accidentalité est l’un de ses traits caractéristiques. Edda Weigand définit l’accidentalité en opposition avec l’acte volontaire du sujet, qui mène au malentendu délibéré. Deux autres traits semblent être présup- posés par la définition du malentendu en tant qu’accident de la communication : 1. sa transversalité contextuelle, c’est-à-dire une distribution casuelle et uniforme dans toutes les interactions entre sujets qui partagent la même compétence linguistique et communicative. Le malentendu en tant qu’accident, en effet, ne peut pas être systématique et il échappe par définition à toute possibilité de prévision. Il peut donc paraître avec la même probabilité dans toutes les situations communicatives entre pairs ; 2. son caractère perturbateur, c’est-à-dire que le malentendu est conçu comme un trouble de la communication 2 , un problème qui doit être surmonté pour que la communication puisse poursuivre son cours. Dans cet article, ces trois caractéristiques du phénomène, sa transversalité, son accidentalité et son caractère perturbateur, seront discutées par le biais d’une analyse du statut du malentendu dans un contexte communicatif conflictuel 3 . 1. Je remercie Marina Mizzau et Véronique Traverso d’avoir lu et commenté une première version de cet article. 2. C’est pour cette raison que les études sur le malentendu paraissent parmi les études sur la miscommunication (Coupland, Giles et Wiemann, 1991) ou sur les faillites de la communication (Zani, 1994). 3. Dans son introduction au numéro spécial du Journal of Pragmatics consacré au malentendu, Dascal (1999) suggère que l’étude du malentendu en 05-Galatolo 26/03/03 10:56 Page 65