REMARQUES SUR LA POÉSIE MODERNE LES NOMADES ALGERIENS L'hiver dernier, au cours de mon voyage à In-Sa!ah — j'étais attaché à la mission Flamand — j'eus l'occasion, pendant quelques rares soirées inoccupées, de recueillir autour des feux de bivouac et de la bouche de nos gou- miers, un certain nombre de chansons arabes. Plusieurs m'ont vivement intéressé, si bien que je formai le projet d'en réunir le plus possible pour me faire une idée, tant soit peu précise, de la poésie populaire chez les Arabes du Sud algérien. On sait combien cette poésie diffère de celle des Maures, habitants des villes situées près du littoral, tant par l'ordre dans lequel sont exposées les idées, quelquefois encore par la nature des sujets traités, que par les images employées; elle s'en distingue encore davantage au point de vue des airs musicaux qui accom pagnent les chansons. Ce sont des mélopées lentes, et tristes presque toujours, mais d'un effet saisissant dans la solitude. L'air monotone sur lequel se chantent les paroles n'est d'ailleurs pas spécial à tel ou tel chant, mais adopté d'une façon générale, dans une même