203 Frédéric ARMAO Fêtes et celtisme ou la forge identitaire La fête, « concentration du sacré en un temps et un lieu donnés », se doit d’être considérée comme un fait de société – le fait social étant inclus dans le fait religieux : dans Les Fêtes celtiques, Françoise Le Roux et Christian Guyonvarc’h 1 nous rappellent l’importance qui doit être accordée à l’étude des fêtes par le folkloriste certes, mais également par le sociologue, le linguiste ainsi que le mythologue puisque, dans le cas nous intéressant, il est possible de trouver traces des « fêtes celtiques » dès les premiers écrits insulaires de l’ère chrétienne. Notre travail gravitera autour de ces « fêtes celtiques » (que nous ne manquerons pas de définir), depuis leurs versions anciennes jusqu’à leurs prolongations contemporaines ; il s’agira de déterminer, selon le cadre théorique et la problématique mis en avant dans le présent numéro de Babel, dans quelles mesures ces célébrations ont permis ou, plus justement, permettent aux nations celtiques de se retrouver, de se réinventer depuis le XX e jusqu’à l’aube du XXI e siècles. Après nous être interrogé sur la nature originellement celtique de ces fêtes, nous tenterons d’apporter quelques éléments de réponses en comparant 1 Les trois premières lignes de cet article reprennent, en les paraphrasant, certains éléments de l’introduction de GUYONVARCH, Christian-Jacques et LE ROUX Françoise, Les Fêtes celtiques, Ouest-France Université, Rennes, 1995, 8 et 26.