43 Rosa Smurra « La restitution virtuelle de la Bologne médiévale : la contribution des documents d’archive » Schedae, 2009, prépublication n° 25, (fascicule n° 3, p. 43-48). Schedae, 2009 La restitution virtuelle de la Bologne médiévale : la contribution des documents d’archive Rosa Smurra Dipartimento di Discipline Storiche – Alma Mater Studiorum – Università di Bologna rosa.smurra@unibo.it Résumé : À Bologne, la documentation écrite produite au cours du Moyen Âge nous permet de recenser, placer, délimiter plusieurs bâtiments et de connaître un tissu urbain particulièrement dense, surtout dans l’enceinte du XII e siècle. L’article considère quels sont, parmi les sources fis- cales et administratives, les éléments utiles pour la reconstruction virtuelle de la ville. Est également signalée la mise en ligne des Estimi (XIII e siècle) pour les rendre accessibles aux scientifiques. Bologne est une ville qui a vécu au cours du Moyen Âge une période de grand déve- loppement, qui a laissé dans les archives une documentation très riche. On trouve de nom- breuses sortes de sources écrites : parmi les sources documentaires administratives, nous avons en particulier la documentation fiscale, qui, à Bologne, s’appelle Estimi. Les Estimi étaient les instruments grâce auxquels la ville pouvait recueillir les ressources, c’est-à-dire les impôts versés par les citoyens. Pendant la période du régime populaire, dans la seconde moitié du XIII e siècle, les com- munes italiennes ont élaboré un système d’investigation des capacités contributives des citoyens très avancé à cause des exigences financières (surtout les besoins croissants liés aux dépenses de guerre et pour la réalisation des canaux, enceintes, palais publics, places du marché). L’impôt direct est devenu la ressource principale bien que dite « extraordinaire». Un tel système fiscal s’appuyait sur les déclarations de tous les citoyens qui évaluaient eux- mêmes leurs biens mobiles et immobiles. Ensuite, des commissions spéciales effectuaient les contrôles, et enfin on calculait l’impôt de manière proportionnelle à la richesse à cha- cun. Cette déclaration fiscale (cedula – fig. 1) est donc précieuse pour l’étude de l’anthro- ponymie, des structures familiales et des relations de parenté, de la toponymie, pour la description des biens, des maisons, des rues et aussi pour la reconstruction du paysage de la ville médiévale. Ces renseignements permettent donc de recenser, placer, délimiter des milliers de bâtiments et de connaître un tissu urbain particulièrement dense, surtout dans l’enceinte des Torresotti du XII e siècle (fig. 2). Prépublication n° 25 Fascicule n° 3