International Conference What Ever Happened to the People? Humans and Anthropomorphs in the Rock Art of Northern Africa Royal Academy for Overseas Sciences Brussels, 17-19 September, 2015 Figures d’hommes dans le wadi Abu Subeira (Assouan, Egypte): le proche désert investi par Gwenola Graff * , Maxence Bailly ** & Adel Kelany *** Mots-cles. — Egypte; Assouan; Désert oriental; Prédynastique; Iconographie du pouvoir et de la domina- tion; Représentations de la chasse. Resume. — Des prospections ont lieu dans la partie orientale du wadi Abu Subeira (région d’Assouan), depuis 2013, menées par une équipe franco-égyptienne. Elles ont abouti à la découverte de sites paléolithiques et méso- lithiques et de plus d’une centaine de nouvelles stations d’art rupestre. Parmi celles-ci, quarante-huit panneaux comportent des représentations humaines. Exclusivement masculines, elles s’insèrent dans des scènes de chasse, de navigation, d’équitation, de danse, de triomphe et peut-être de pastoralisme. Les plus anciennes seraient à attribuer à l’épipaléolithique, les plus récentes sont modernes, mais elles sont prédynastiques (IV e millénaire) en majorité. Certaines de ces représentations sont placées sur des parois verticales de manière à être très visibles, d’autres sont plus diiciles à trouver, voire cachées. Cette variable nous amènera à étudier la topographie de leurs emplacements pour comprendre le marquage, voire le maillage des lieux, qui atteste de diférents types d’activité dans le proche désert. Ces usages ont certes une inalité fonctionnelle mais aussi une forte dimension idéologique qui nous conduira à traiter des représentations du pouvoir et de ceux qui l’exercent. Enin, nous essaierons de prendre la mesure de la continuité d’occupation des lieux, de la in de la préhistoire à la période contemporaine. Introduction Depuis janvier 2013, des prospections et des relevés sont menés dans une section du wadi Abu Subeira (WAS) par une équipe franco-égyptienne, sous la direction de G. Graf [1] **** . Le WAS est une voie asséchée s’ouvrant à 19 km à vol d’oiseau (28 km par la route) au nord-est d’Assouan (ig. 1). En empruntant le réseau de wadis du désert oriental, organisés de manière générale est-ouest, il permet de relier la vallée du Nil à la mer Rouge, 250 km plus à l’est. Cette voie de passage semble avoir été utilisée dès les temps préhistoriques, comme un certain nombre d’autres wadis du désert oriental, dont le plus connu est le wadi Hammamat, à hauteur de Louxor. La concession, de 32 km 2 , centrée sur le lit majeur du wadi, commence à environ 15 km de l’embouchure sur la vallée du Nil et comprend un certain nombre d’aluents secs participant du réseau hydrographique du WAS. Cette concession orientale est jointive à celle accordée à Adel Kelany, en aval du wadi, jusqu’à son embouchure. Les deux directeurs de mission cherchent à développer une approche globale du territoire et à le * Institut de Recherche pour le Développement (IRD), Museum national d’Histoire naturelle, rue Cuvier 57, CP 26, F-75231 Paris cedex 05 (France). ** Laboratoire méditerranéen de Préhistoire Europe Afrique, Aix-Marseille Université, bd C. Livon 58, F-13007 Marseille (France). *** Ministry of State for Antiquities, Direction of Antiquities, Aswan (Egypt). **** Les chifres entre crochets [ ] renvoient aux notes, p. 473. pp. 461-474