Place et rôle de l’animal dans les pratiques funéraires au Cerny : l’exemple de la nécropole néolithique de Fleury-sur-Orne (Calvados) Emmanuel GHESQUIERE, Inrap, UMR 6566 CReAAH Lamys HACHEM, Inrap, UMR 8215 « Trajectoires » Extrait de : Sandrine COSTAMAGNO, Lionel GOURICHON, Catherine DUPONT, Olivier DUTOUR, Denis VIALOU (dir.), Animal symbolisé, animal exploité : du Paléolithique à la Protohistoire, Paris, Édition électronique du CTHS (Actes des congrès des sociétés historiques et scientifiques), 2018. Cet article a été validé par le comité de lecture des Éditions du CTHS dans le cadre de la publication des actes du 141 e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques tenu à Rouen en 2016. Introduction La découverte de la nécropole des « Hauts de l’Orne » à Fleury-sur-Orne (Calvados) re- vient à J. Desloges au début des années 1990. Il y a pratiqué quelques opérations program- mées, ainsi que sur la nécropole voisine de Rots « La Haute Bonny » (Calvados), qui ont été publiées pour certaines (Desloges, 1997, Arbogast et al., 2002). D’autres opérations ponctuelles de diagnostic ou de fouille ont concerné également quelques monuments (mo- nument/mon. 10, 11 et 12, cairns, fig. 1, Flotté, 2000a, 2000b). La fouille de l’ensemble de la nécropole de Fleury-sur-Orne s’est quant à elle déroulée de mai à décembre 2014, sur une surface triangulaire de 21 hectares d’un seul tenant, après un diagnostic portant sur une surface de plus de 50 hectares (Flotté, 2013). Elle a été menée par l’Inrap sous la responsa- bilité d’E. Ghesquière, en association avec le CNRS (P. Chambon, UMR 7041) et une im- portante équipe universitaire (universités de Besançon, Bordeaux et Marseille). Elle a per- mis de mettre en évidence 26 monuments de type Passy, un dolmen, un cairn et trois ali- gnements de mégalithes/mégaxyles (fig. 1). Les monuments mesurent entre 8 et 372 m de longueur et sont constitués de deux fossés encadrant une sépulture. Ces fossés sont formés par l’accrétion de segments de 2 à 4 m de longueur, respectant une direction générale est-ouest suivant un tracé assez sinueux. Leur profil est parfois étroit sous forme de tranchée (palissadée ?) ou large. Les seuls vestiges retrouvés dans les fossés sont quelques ossements (scapulas de bovidés en particulier) et des pics massifs en grès rouge de provenance locale. Trois morphologies de monuments coexistent : – les petits monuments (mon. 31, 32, 36, 37), sous forme de cercles isolés ou emboités, sont au nombre de 4 et représentent les monuments les plus courts (entre 5 et 12 m de lon- gueur/diamètre) ; – les monuments trapézoïdaux (mon. 20, 22, 29, 33, 34) présentent un évasement très léger de leur surface interne et un élargissement important de leur fossé à leur extrémité orien- tale, qui leur donnent un aspect nettement évasé. Ils sont au nombre de 5. Ils sont