331 issn-e 2340-2415 | Nº 29 | 2018 | pp. 331-335 Belle, Marie-Alice y Echeverri, Alvaro (sous la direction de) (2017). Pour une interdisciplinarité réciproque : recherches actuelles en traductologie. Artois: Artois Presses Université, 208 pp. Nicolas Froeliger nf@eila.univ-paris-diderot.fr Université Paris Diderot Synoptique ? Presque. Disons au moins synthétique et englobant : ce sont les ad- jectifs qui viennent à l’esprit à la lecture de cet ouvrage dirigé par Marie-Alice Belle et Alvaro Echeverri et intitulé Pour une interdisciplinarité réciproque : recherches actuelles en traductologie. Ce n’était pas forcément une évidence pour un volume issu d’une journée d’étude tenue en mai 2012 au Canada : on aurait pu s’attendre à ce que la composante géographique se révèle déterminante dans les approches mises en oeuvre. Or, celle-ci ne l’est que secondairement, ce qui justife au passage plei- nement la publication de ce recueil par les décidément bien inspirées Artois Presses Université. Effectivement, on peut considérer que le provincialisme est une des mala- dies infantiles de la traductologie, discipline encore en devenir. Le problème est ici topologique autant que géographique : fait-on la même traductologie dans des lieux différents, et avec quelles délimitations pour le champ étudié ? Il faudrait pour avan- cer sur cette question acquérir, ce qui est extrêmement diffcile, une vision synthétique de cette discipline, de son histoire, de ses courants, de ses enjeux, passés, présents et futurs... Tâche immense, vu la quantité de savoirs produits chaque année dans ce domaine. C’est pourtant l’ambition de ce recueil, et l’on peut estimer qu’à son échelle, il n’y parvient pas mal. Il réussit en outre à articuler, d’une part, une préoccupation théorique très large et, d’autre part, des applications et illustrations très précises – et donc très ciblées – au sein souvent de la même contribution. Ce sont deux excellentes raisons de se le procurer. Mais qu’est-ce, d’abord, qu’une « interdisciplinarité réciproque » ? Marie-Alice Belle ( « Interdisciplinarité et réciprocité : mise en contexte théorique », pp. 7-15), dont l’introduction place la barre très haut, reprend ici les travaux de Klaus Kaindl pour observer que trois formes d’interdisciplinarité sont envisageables en traducto- logie : la première est « instrumentale ». Il s’agit d’importer des outils conceptuels au sein d’une discipline donnée, « afn d’enrichir sa démarche » la seconde forme est « impérialiste ». Dans ce cas, « une discipline impose ses modèles à une autre ». Enfn. Il existe un échange « réciproque », « où la mise en commun de ressources méthodologiques et théoriques résulte en un apport égal aux différentes disciplines en jeu » (p. 9). Ces aspects seront développés plus avant par Roch Duval (pp. 48-49). Le titre de cet ouvrage est en tout cas éloquent quant à la forme préférée par les auteurs, et dénote une préoccupation effectivement révélatrice et représentative des débats épistémologiques sur le statut de la traductologie depuis quelques décennies. Il s’agit donc de se placer « dans cette double optique d’ouverture méthodologique et critique