1 Apports de la rhétorique à l’étude de la construction du leadership politique María Alejandra Vitale Université de Buenos Aires vitaleale@fibertel.com.ar La rhétorique et la politique sont liées depuis la naissance même de la rhétorique dans la Grèce antique (Ramírez Vidal, 2011), à partir du moment où le discours délibératif ou politique a été considéré comme l’un des genres oratoires (Aristote, 1978 : 1358b) et qu’Aristote conçut la Rhétorique comme l’une des branches de la politique (Aristote, 1978 : 1356a). Aristote souligne que l’homme est un animal politique parce que, à la différence des animaux grégaires, il possède le logos, la parole, condition implicite de toute vie politique (Aristote, 2005 : 1253a). Les sophistes, pour leur part, ont conçu le discours non pas comme un transmetteur de la vérité ni un reproducteur de la réalité, mais comme une arme pragmatique pour l’action politico-sociale (López Eire, 2002), comme un pouvoir performatif, un « faire être », que Bárbara Cassin (1995) appelle effet monde. Dans l’actualité, nous assistons à un essor de la rhétorique qui, depuis la théorie politique, a amené Ernesto Laclau (2014) à proposer « les fondements rhétoriques de la société » et l’analyse du discours à revisiter des notions ancrées dans la tradition rhétorique, particulièrement celles d’èthos et de pathos (Amossy, 1999, 2000, 2010, 2014 ; Charaudeau, 2005, 2008 ; Maingueneau, 1999, 2002, 2014). À partir de ce contexte de valorisation de la rhétorique 1 , l’objectif de ce travail est d’exposer deux de ses 1 La création récente de différentes institutions qui réunissent des spécialistes de la rhétorique en est un clair exemple. En 2010, on était créé l’Association Latino-américaine de