II Vivre les saisons en Grèce ancienne. Au rythme des mots, des mythes et de l’art Christine Kossaifi « Les saisons, ça ne se discute pas » ! C’est du moins ce que Raymond Queneau affirme avec une malicieuse assurance dans son roman d’inspiration autobiographique Les derniers jours, paru en 1936 1 . Et son sourire tant olympien qu’oulipien sabre les fondements mêmes de cette étude. Alors, n’en déplaise à l’oulipo et à son illustre repré- sentant, les saisons, ça se discute, ça s’étudie et ça s’analyse, depuis leur nombre jusqu’à leur symbolique ! Pour ma part, je vous propose un petit voyage en Grèce ancienne : comment les saisons s’y vivaient- elles ? Pour tenter de le comprendre, nous prendrons trois chemins différents et pourtant complémentaires : ceux de l’étymologie, du mythe, de l’art et de la littérature. 1. Celui qui se dit « philosophe à (sa) façon » (en l’occurrence Alfred, le garçon de café dont Queneau nous donne à entendre les monologues) les « regarde passer » et les met en lien avec « les planètes (qui) tournent en rond comme les gens » (chapitre xiv). L’affirmation de Queneau semble faire écho à la dilution fantasmatique des saisons dans le court-métrage réalisé en 1961 par Jean Cayrol et Claude Durand, Madame se meurt (voir, dans ce volume, l’étude de Suzanne Liandrat-Guigues.