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Lien social et Politiques
La formation continue numérisée face à ses discontinuités
Anca Boboc et Jean-Luc Metzger
Emploi, travail et compétences à l’épreuve du numérique
Numéro 81, 2018
URI : id.erudit.org/iderudit/1056313ar
https://doi.org/10.7202/1056313ar
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Éditeur(s)
Lien social et Politiques
ISSN 1204-3206 (imprimé)
1703-9665 (numérique)
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Citer cet article
Boboc, A. & Metzger, J. (2018). La formation continue numérisée face
à ses discontinuités. Lien social et Politiques, (81), 230–252. https://
doi.org/10.7202/1056313ar
Résumé de l'article
Dans un contexte caractérisé par la volonté d’accroître la
responsabilisation individuelle des salariés dans l’acquisition et le
maintien de leurs compétences professionnelles, l’utilisation du
numérique apparaît aux yeux de certains décideurs comme une
solution pertinente pour former leurs employés plus rapidement et en
lien plus direct avec la stratégie des entreprises. Mais au-delà des
principes séduisants, que montrent les expérimentations en cours ?
Pour apporter des éléments de réponse, nous nous appuyons dans cet
article sur une enquête qualitative réalisée auprès des apprenants et
des formateurs qui ont suivi — voire, pour certains, qui ont mis en
place — une formation à distance entièrement numérisée (Corporate
Open Online Courses ou COOC) au sein d’une grande entreprise. Nous
pointons l’importance du taux d’abandon chez les apprenants, les
difficultés des formateurs à exercer leur nouveau rôle d’animateur, et
soulignons les discontinuités que la numérisation de la formation induit
sur les espace-temps de travail et sur les interconnaissances
professionnelles. Nous montrons également que ces discontinuités ont
des effets différenciés sur les capacités d’apprentissage des salariés.
Grâce à l’approche par les capacités d’Amartya Sen, nous interprétons
ces constats en termes de facteurs de conversion (environnementaux,
sociaux, individuels). Nous soutenons que c’est l’absence de ces trois
catégories de facteurs qui explique, pour les apprenants et pour les
formateurs, les discontinuités rencontrées et les inégalités dans la
maîtrise des nouveaux dispositifs de formation. Enfin, nous esquissons
des pistes pour repenser la numérisation de la formation continue, afin
de réduire les risques d’inégalités sociales cristallisées autour de ce
type de dispositifs technico-pédagogiques.
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