Sortir les archives lgbtqi du placard Un projet d'archives au subjectif Par Norah Benarrosh-Orsoni Type : dossier, enquête & analyse Thèmes : archives, communauté, lgbtqi, luttes, sida Dans le troisième numéro de la revue, le dossier thématique « Nos meilleurs souvenirs : quelles archives pour quelles mémoires ? » va à la rencontre d'archives fragiles ou contestées. Afin de soutenir la lutte en cours du Collectif Archives LGTBQI à Paris, nous publions exceptionnellement cet article qui en est issu. Tous les autres vous attendent dans la revue papier, disponible en librairie ou sur abonnement ! ⚑ À Paris, le projet d'un centre rassemblant les archives des lesbiennes, gays, bisexuel·les, transgenres, queer et intersexes (lgbtqi) renaît de ses cendres à chaque début de mandat municipal sans jamais aboutir. En parallèle, un collectif formé il y a un an se livre à une réflexion sur la notion d'archive, afin de rassembler un matériau qui s'émanciperait des critères de sélection et des récits dominants. « Elles disent qu’il n’y a pas de réalité avant que les mots les règles les règlements lui aient donné forme. Elles disent qu’en ce qui les concerne tout est à faire à partir d’éléments embryonnaires. Elles disent qu’en premier lieu le vocabulaire de toutes les langues est à examiner, à modifier, à bouleverser de fond en comble, que chaque mot doit être passé au crible. » Monique Wittig, Les Guerrillères Dans 120 battements par minute, Robin Campillo filme les luttes de jeunes hommes qui se battent pour ne pas mourir du sida. La fiction raconte une certaine histoire de l’association Act Up-Paris, dont le réalisateur a lui-même fait partie au début des années 1990. En filigrane, le film raconte aussi une génération d’homosexuels décimée et les lesbiennes qui les ont soignés, les toxicomanes contaminé·es et les étranger·es qui avaientencore moins que les autres accès aux soins. L’histoire des appartements des morts, où ami·es et amant·es ont récupéré ce qu’elles pouvaient de photos, souvenirs et documents, avant