© koninklijke brill nv, leiden, 2019 | doi:10.1163/24680974-03101001 méthexis 31 (2019) 3-26 brill.com/met Verité morale et savoir chez Socrate Aldo Brancacci Dipartimento di Studi Letterari Filosofici e di Storia dell’Arte, Universita’ di Roma Tor Vergata, Italy aldobrancacci@yahoo.it Abstract This paper argues that the strong relationship between moral truth and knowledge is the main feature of Socrates’ philosophy and what makes him the real discoverer of ethics. In particular, this point explains the peculiar knowledge model adopted by Socrates, who, while admitting to be aware of his ignorance, shows instead his deep knowledge in a series of philosophical domains. Moreover, all this process makes the Socratic concept of anthropine sophia something dynamic and essential for philo- sophical inquiry. At the beginning, the paper also provides a new look at the so-called Socratic question. Keywords Ethics – knowledge – Socrates – Socratic question – truth Publié en 1913, Sokrates. Sein Werk und seine geschichtliche Stellung1 est enco- re de nos jours le plus riche et, peut-être même, le plus beau livre qui ait été écrit sur Socrate, bien qu’il puisse se révéler dépassé sur un certain nombre de questions, notamment en ce qui concerne l’interprétation des Socratiques que la recherche a par la suite éclairée d’un jour nouveau. Dans son livre, Heinrich Maier baptisait comme personalia Socratica de Platon deux de ses œuvres : l’Apologie de Socrate et le Criton. Dans le même contexte, il avisait le lecteur que cette expression devait être interprétée dans le sens que les deux écrits en question ne représentaient pas une pure et simple exposition des conceptions de Socrate, mais qu’ils transmettaient plutôt la vision et l’expérience la plus 1 Maier (1913).