D L’effet de couplage entre l’avance à l’injection et la pression d’injection sur les performances des moteurs alimentés par le biodiesel issu des huiles de friture Seifallah Fetni, Houssem EL Haj Youssef et Ines Lassoued RésuméAu cours des dernières années, le biodiesel est devenu une solution prometteuse face à l’épuisement rapide des réserves de combustibles fossiles ainsi que la quantité alarmante de polluants rejetés. Cependant, des propriétés telles que faible volatilité, la haute densité ainsi que la haute viscosité constituent des inconvénients pour l’utilisation de biodiesel pur comme source d’énergie pour les moteurs thermiques. Pour cela, De nombreuses études ont été entamées dans le but de surpasser ces contraintes. Par ailleurs, mélanger le biodiesel et le diesel reste une solution prometteuse quitte à trouver les bonnes caractéristiques permettant des bonnes performances et des émissions dans les normes. Le but de cette étude est donc d’étudier l’effet de la combi - naison entre la variation de la pression d’injection d’une part, et l’avance à l’injection de l’autre part, sur les performances et les émissions. Pour cela, on a utilisé un moteur à injection directe à quatre cylindres, quatre temps, fonctionnant au diesel. On a montré qu’une avance à l’injection de 2 , couplée à une pression d’injection de 240 bar, donne de meilleurs résultats en termes d’émissions polluantes et de performances et sans pénalité sur l’environnement. Index Terms—Biodiesel, Environment, Avance à l’injection , pression d’injection, huile de friture. I. I NTRODUCTION E nos jours, l’épuisement prévisible des réserves de pétrole et les problèmes environnementaux causés par sa consommation, ont engendré la nécessité du recours à des sources d’énergie alternatives inépuisables pour continuer à satisfaire les besoins énergétiques mondiaux tout en préservant l’environnement [1]. Une solution semble la plus prometteuse : la valorisation des huiles de friture usagées en biocarburant, source d’éner - gie renouvelable écologiquement propre et économiquement rentable, qui va servir de carburant pour les moteurs die- sel. Aujourd’hui’hui, ceux-ci sont mondialement considérés comme une filière d’avenir et suscitent l’intérêt des acteurs scientifiques, politiques et économiques, mais elles ont encore beaucoup de progrès à faire pour remplacer le pétrole. , University of Tunis El Manar, Tunisia, BP 37, 1002, Le Belvédère, 1002, Tunis E-mail : seifallah.el.fetni@gmail.com M Manuscript received Avril 15, 2019 ; revised Les pays africains, en particulier la Tunisie, ne sont pas restés indifférents face à cette prise de conscience. Ils s’in- téressent aux énergies renouvelables comme le biocarburant afin de remplacer les dérivés du pétrole dans le secteur des transports pour limiter leur dépendance et avoir accès une source d’énergie à moindre coût [2]. La Tunisie a une potentialité végétale non utilisée qui peut servir à produire dif- férentes huiles dont les consommables peuvent être destinées à la production de biodiesels. Les biocarburants, combustibles liquides ou gazeux, utilisés pour le transport, sont obtenus à partir de la biomasse (l’ensemble de la matière organique d’origine végétale, animale ainsi que leurs produits de trans- formation). La première génération de biocarburants issue de ressources agricoles conventionnelles tel que la betterave, les céréales, la canne à sucre pour l’éthanol, le colza, le tournesol, le soja et la palme pour le biodiesel pose des problèmes socio- économiques puisqu’elle entre en concurrence avec les cultures alimentaires et incite à la déforestation. Parmi les solutions qui peuvent être valorisées en biocar- burant, on compte sur la récupération des huiles alimentaires qui constituent une matière première de choix pour les utiliser comme réactif lors du procédé de thermo conversion puis- qu’elles sont des déchets et ont donc un coût de revient très faible et qu’elles ne sont que très peu valorisées à ce jour. Cela permettra de résoudre le problème de destruction des déchets car les huiles alimentaires usagées représentent un grave problème écologique. Ce travail s’inscrit dans un projet permettant de valoriser les huiles de friture en les transformant en biodiesel dans une pre- mière mesure, puis valider la possibilité de leur exploitations dans les engins (militaires, de génie civil etc.), et proposer les éventuels corrections sur les moteurs afin de garder, voir améliorer leurs performances tout en gardant les émissions polluantes sous les limites exigées. Ce projet a commencé par le travail de Boubahri et al. [3], qui ont pu synthétisé le biodiesel à partir de l’huile de friture usagée par la trans-estérification. Ils ont ensuite étudié la combustion, les performance et les taux des émissions de différents mélanges biodiesel/diesel comparativement au diesel pur, à pleine charge pour différentes vitesses, dans un moteur diesel. Les mélanges de biodiesel étaient variés de 15% à 40% (B15 à B40) par pas de 5%. les résultats de l’expérience ont International Journal of Scientific Research & Engineering Technology (IJSET) Vol.8 pp. 49-52 Copyright IPCO-2019 ISSN 1737-9296