Etude de l’influence de la balance stress-récupération sur les processus identitaires en pôle espoirs rugby Antoine Relave, Mickaël Campo, Philippe Vacher, Charles-Emile Caplain & Michel Nicolas Psy-DREPI (EA4180), Faculté des sciences du sport, UBFC - Dijon, France Correspondance : antoinerelave@aol.com Mots clés : dynamique de groupe, récupération, identité sociale, préparation physique, rugby Introduction Une des problématiques majeures des entraîneurs et des préparateurs physiques en pôle espoirs se situe dans la gestion optimale de la balance stress-récupération et de ses effets sur les sportifs (Vacher, Nicolas, Martinent, & Mourot, 2017). Si la plupart des effets contrôlés sont généralement d’ordre physiologiques, de récentes études ont montré également des effets de la charge d’entraînement sur les émotions (Vacher, et al., 2017) ou bien encore les dynamiques intragroupales (Relave, Campo, Hautier, & Nicolas, 2017). Dans cette perspective, les cadres théoriques de l’identité sociale définissent un groupe comme une collection d’individus qui se perçoivent comme étant membre d’une même catégorie, attachant une valeur émotionnelle commune à leur sentiment d’appartenance (Haslam, 2004). Les processus identitaires semblent ainsi être une variable pouvant permettre de comprendre davantage les effets de l’effort physique sur la dynamique de groupe. Plus particulièrement, les charges d’entraînement à haute intensité placent les sportifs dans des conditions extrêmes en termes de difficulté physique et mentale ressentie par l’intermédiaire de séances les amenant à explorer leurs propres limites, parfois beaucoup plus qu’en compétition. Ainsi, l’entraînement à haute intensité peut générer des émotions intenses (Kerr & Kuk, 2001) et inciter les athlètes à partager leur état affectif avec les membres de leur groupe (Rimé, 2009). Le but de cette recherche est d’étudier l’influence d’un cycle d’entraînement à haute intensité sur la dynamique des processus identitaires de joueurs de rugby en Pôle Espoirs. Plus spécifiquement, nous émettons l’hypothèse que (1) l’entraînement à haute intensité va déséquilibrer la balance stress-récupération, (Vacher, et al., 2017) et que (2) ce déséquilibre serait associé positivement au renforcement de l’identification des joueurs à leur groupe d’appartenance. Méthode Vingt-six joueurs de l’un des dix pôle espoirs que compte la Fédération Française de Rugby, âgés entre 15 et 18 ans (M = 15.96, SD = 0.75) ont participé à cette étude. Ces joueurs évoluent au plus haut niveau de leur catégorie d’âge et s’entraînent en moyenne douze heures par semaine. Les participants ont suivi un cycle d’entraînement classique de pôle espoirs lors de la première semaine, puis un cycle à haute intensité durant les cinq semaines suivantes. Ce dernier comprenait des séquences de rugby en opposition calquées sur les temps de jeu effectifs des matchs internationaux de la catégorie d’âge correspondante et des séances de préparation physique à très hautes intensités (une séance lactique hebdomadaire de 45 min de sprints en côtes : 30 s. d’effort maximal pour 3 min de récupération semi-active). Durant les six semaines de ce cycle d’entraînement, les joueurs ont participé à une série de mesures hebdomadaires dans des conditions standardisées. La charge de travail de la semaine écoulée a été quantifiée au travers de la traduction française du RESTQ-36-R (Nicolas, Vacher, Martinent & Mourot, 2016) et de mesures physiologiques (nHRR60s ; Buchheit, 2014). Les