1 Les habitants du marais Représentations antiques du monde aquatique stagnant Communication prononcée au 7 èmes Journées d’études du Groupe d’Histoire des Zones Humides (GHZH), 2-3 décembre 2011, ENS de la Nature et du Paysage de Blois. Publié dans Zones humides et littérature, Revue des Actes du GHZH, p.63-75, B. Sajaloli & S. Servain-Courant (Dir.), 2012. Franck COLLIN 1 Résumé : Les habitants du marais sont mal considérés dans l’imaginaire antique. A l’image des grenouilles, dans le mythe des paysans lyciens, on les juge rustauds, stupides, lâches, vaniteux, quand ce ne sont pas des brigands ou des barbares belliqueux. Leur univers marginal est un locus horridus, empli de superstitions et proie de maladies graves. Leur rôle dans l’exploitation d’un domaine paraît de plus en plus inutile (Artémidore, Varron). La littérature antique prend pour une part le contrepied de cette vision négative : la bucolique (Théocrite, Virgile) montre des bergers très modestes, complètement en phase avec leur environnement ; le marais irrigué est décrit comme un lieu de grande biodiversité où l’homme attentif parvient à s’insérer (Virgile, Philostrate). Les poètes romains (Properce, Ovide) vont jusqu’à se considérer moins comme des enfants de la Louve, ou des (sept) collines, que comme des enfants du marais. Comme si c’était là le signe d’une osmose entre leurs origines et la grande civilisation qu’ils avaient conscience d’être devenus. Mots-clés : locus horridus, marais, berger, Virgile, Ovide, Vélabre, Vertumne. 1 E.A. POLEN Cesfima, UFR Lettres, Langues et Sciences Humaines, 10 Rue de Tours, BP 46527, 45065 ORLEANS Cedex 2, franck.collin@univ-orleans.fr