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Sécheresses et canicules
avant le Global Warming – 1500-1950
Emmanuel G
Institut Universitaire de France – Centre de Recherche d’histoire quantitative
UMR – CNRS Université de Caen
Relayant une étude publiée dans les Annales de l’Académie
Nationale Américaine des Sciences (PNSA), une dépêche de l’AFP
tombée le 23 février 2009 affirmait qu’avec le changement clima-
tique le risque d’impacts négatifs sur les humains et la nature « sont
plus grands qu’il y a quelques années ». Ainsi les sécheresses étaient
appelées à la rescousse, accusées d’être à la fois plus fréquentes et
plus destructrices que jadis. Dans les jours suivants, ce fut au tour
du président de la SAF-agriculteurs de déclarer sans autre forme
de procès que l’intensité « inhabituelle » des événements extrêmes,
tout comme leur recrudescence, accroissaient la vulnérabilité des
agriculteurs de notre pays
1
. Depuis, la terrible sécheresse-canicule
russe de l’été 2010, puis un an plus tard la sécheresse du printemps
2011 en France, semblent avoir donné raison au responsable agri-
cole. Dans le feu de l’agitation médiatique du moment, et faisant
fi de toute humilité face aux incertitudes météorologiques, on
ne cessait d’annoncer un désastre pire qu’en 1976 tandis que les
experts tablaient sur un « été chaud », avec des « températures très
supérieures aux normales saisonnières » et des rendements en chute
libre avant même… les moissons
2
! Le scénario météorologique qui
suivit fut diamétralement opposé puisque nos concitoyens durent
davantage composer avec la pluie et la fraîcheur qu’avec les ardeurs
1. Le Monde, Les cahiers de la compétitivité du 25 février 2009.
2. Dépêche AFP et Nouvel Observateur du 1
er
juin 2011.
© Éditions Hermann
GARNIER, E., « Sécheresses et canicules avant le Global Warming 1500-1950 », in BERCHTOLD, J., LE
ROY LADURIE, E. (dir.), Canicules et froids extrêmes, Paris, Hermann, 2012, p. 297-325.