297 Sécheresses et canicules avant le Global Warming – 1500-1950 Emmanuel G Institut Universitaire de France – Centre de Recherche d’histoire quantitative UMR – CNRS Université de Caen Relayant une étude publiée dans les Annales de l’Académie Nationale Américaine des Sciences (PNSA), une dépêche de l’AFP tombée le 23 février 2009 affirmait qu’avec le changement clima- tique le risque d’impacts négatifs sur les humains et la nature « sont plus grands qu’il y a quelques années ». Ainsi les sécheresses étaient appelées à la rescousse, accusées d’être à la fois plus fréquentes et plus destructrices que jadis. Dans les jours suivants, ce fut au tour du président de la SAF-agriculteurs de déclarer sans autre forme de procès que l’intensité « inhabituelle » des événements extrêmes, tout comme leur recrudescence, accroissaient la vulnérabilité des agriculteurs de notre pays 1 . Depuis, la terrible sécheresse-canicule russe de l’été 2010, puis un an plus tard la sécheresse du printemps 2011 en France, semblent avoir donné raison au responsable agri- cole. Dans le feu de l’agitation médiatique du moment, et faisant fi de toute humilité face aux incertitudes météorologiques, on ne cessait d’annoncer un désastre pire qu’en 1976 tandis que les experts tablaient sur un « été chaud », avec des « températures très supérieures aux normales saisonnières » et des rendements en chute libre avant même… les moissons 2 ! Le scénario météorologique qui suivit fut diamétralement opposé puisque nos concitoyens durent davantage composer avec la pluie et la fraîcheur qu’avec les ardeurs 1. Le Monde, Les cahiers de la compétitivité du 25 février 2009. 2. Dépêche AFP et Nouvel Observateur du 1 er juin 2011. © Éditions Hermann GARNIER, E., « Sécheresses et canicules avant le Global Warming 1500-1950 », in BERCHTOLD, J., LE ROY LADURIE, E. (dir.), Canicules et froids extrêmes, Paris, Hermann, 2012, p. 297-325.