Sommaire 9 | 2018 Représentations de l’américanité en contexte global : Le cas de la musique populaire chilienne en Europe Javier Rodriguez Aedo Plan Quelques antécédents Les séjours de Violeta Parra en Europe : 1954 et 1962. Le cas des musiciens exilés en Europe, après le coup d’État militaire de 1973. Texte intégral 1 Cet article1 propose d’explorer quelques aspects et caractéristiques de la chanson latino-américaine en Europe, notamment la situation de la musique populaire chilienne. Bien qu’il s’agisse d’un cas d’étude particulier, il nous sert à la compréhension du processus plus général des échanges culturels entre les Amériques et l’Europe. En premier lieu, nous poserons quelques questions à propos de l’apparition et la réception de la musique dite « des Andes » dans la scène artistique européenne pendant les années cinquante et soixante. Cela nous permettra ensuite de contextualiser le parcours européen de la chanteuse chilienne Violeta Parra, en mettant en relief les éléments qui parviennent à configurer un imaginaire exotique autour d’elle, ses chansons et ses activités artistiques. Finalement, à travers l’analyse de quelques exemples à propos de la pratique artistique des exilés chiliens, après le coup d’État militaire de soixante-treize, on distinguera certains dispositifs musicaux mis en scène afin de consolider l’association entre la musique populaire chilienne et les cultures « des Andes ». De ce fait, ce que l’on propose ici c’est de mettre en évidence que les éléments constitutifs de la musique chilienne en Europe sont plus souvent le résultat de certaines expectatives esthétiques et des dispositions commerciales que la conséquence d’une réflexion musicale hors du territoire national. On propose de tracer les enjeux impliqués dans cette conception particulière d’américanité musicale. 1