1 Habilitation à diriger des recherches - HDR Comparer pour mieux régner Histoire et sociologie de la quantification internationale Mémoire soutenu à l’Institut d’Études Politiques (IEP), Paris, 25 novembre 2012 Roser Cussó, professeur IEDES/UMR D&S, Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne roser.cusso@univ-paris1.fr Résumé 1 (in English below) Une des entreprises de quantification les plus remarquables en volume, en diversité et en impact est celle qui a été mise en place par les organisations intergouvernementales et supranationales (OI). L’incidence de la quantification internationale sur les politiques publiques dans les pays du Sud est bien connue les Objectifs du Millénaire (ODM) en ont été un exemple. Plus récemment, le fait que des enquêtes comme le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ou des dispositifs comme le benchmarking de l’Union européenne (UE) puissent avoir également un effet sur les pays du Nord a contribué à accroître l’intérêt pour les programmes statistiques des OI en tant que phénomène global. Moins a été fait, cependant, pour étudier leur origine et spécificité et, surtout, pour analyser l’histoire et la sociologie de la quantification internationale en tant que domaine scientifique à part entière. Ce mémoire en vue d’une HDR a trait à la théorisation de la rupture entre les statistiques internationales au XIX e siècle (congrès internationaux de statistique, 1853-1876, Institut international de statistique, depuis 1885) et les données des OI, ainsi qu’à l’analyse de la différence constitutive entre ces dernières et les statistiques produites par les États. Ces deux distinctions, historique et institutionnelle, permettent d’ouvrir un champ de recherche inédit. En effet, l’instrument politique que sont les statistiques des OI dérive de l’invention, au XX e siècle, du lien formel entre trois sphères de pouvoir et/ou d’action : internationale, transnationale et intergouvernementale. Ce nouveau lien permet des usages de la mesure jusque-là inconnus et non réductibles à l’élargissement, à l’échelon mondial, de la « mise en discipline » exercée par les chiffres dans les États. Les OI sont à la fois des entités politiques et des organismes producteurs de connaissance, comme les États. Mais, étant dépourvues du fondement démocratique classique, elles relient directement le savoir à l’éthique sans médiation pluraliste (majorité/opposition, par exemple). Dans ce contexte, 1 Garant : Alain Chenu, professeur IEP (Centre de sociologie des organisations, CSO). Jury : Alain Chenu (IEP), Alain Desrosières (Centre Koyré), Hervé Le Bras (EHESS), Corinne Gobin (ULB, Belgique), Olivier Martin (Université Paris 5), Martine Mespoulet (Université de Nantes), Theodore M. Porter (UCLA, Etats-Unis). Version complète disponible à la bibliothèque de l’IEP (Sciences Po), Paris : http://www.sudoc.fr/182633624