Ce que fait le « dispositif » au « travailleur sans-papiers » Analyser l’emploi et les rapports à l’emploi de migrants dits « sans-papiers » originaires de la vallée du fleuve Sénégal, à Paris, au prisme de la régularisation exceptionnelle au titre du travail - Mercredi 23 novembre 2016 - Emeline Zougbédé I. INTRODUCTION 1.1. Remerciements Avant de commencer, je tiens à remercier Monsieur/Madame le/la présidente du jury, Mesdames et Messieurs les membres du jury, pour leur présence aujourd’hui, le temps et l’attention qu’elles et ils ont consacré à ma thèse de doctorat. Je tiens à remercier, également, ma directrice de thèse pour son accompagnement et son soutien, ainsi que toutes celles et ceux qui m’ont soutenu et qui sont aussi venu.e.s écouter cette soutenance. La thèse que je soumets aujourd’hui à la discussion du jury, intitulée, Ce que fait le « dispositif » au « travailleur sans-papiers ». Analyser l'emploi et les rapports à l’emploi, de migrants dits « sans-papiers », originaires de la vallée du fleuve Sénégal , à Paris, au prisme de la régularisation exceptionnelle, au titre du travail , constitue l’aboutissement d’un parcours universitaire, sur lequel je souhaiterais revenir, dans un premier temps, avant de présenter, dans un second temps, la méthodologie et la population étudiée. J’aborderai dans le même temps, le cadre sociologique retenu, pour cette recherche. Dans un troisième et dernier temps, je présenterai les deux principaux résultats de ma thèse, que je prolongerai, par la présentation de développements possibles. 1.2. L’aboutissement d’un parcours Cette thèse est donc l’aboutissement d’un parcours universitaire, qui est aussi un parcours personnel et professionnel. J’en exposerai les principales directions, desquelles il m’est permis d’en dégager un fil rouge, qui me conduit aujourd’hui devant vous. J’ai été formée durant cinq années à la recherche en Ethnologie et Sociologie comparative à l'Université de Nanterre. A l’époque, j’envisageais de me spécialiser dans une ethnologie du Népal, et j’avais à cœur de saisir ce qui faisait l’unité, et la diversité culturelle de ce pays, ce qui permettait d’élever ce pays au rang des Etats-nations. J’ai alors analysé, et dans le cadre d'un mémoire en Master 1, l’expression d’un sentiment national népalais dans des manuels scolaires d’Education civique, datant des années 1990, et pour ce qui est de la partie Histoire. Par la suite, et puisque je me destinais à la recherche, en Master 2, c’est par la rédaction d’un projet de thèse portant sur l’école comme fabrique du citoyen népalais, ou non, et un article portant sur la figure du martyr comme nouvelle figure de l’historicité népalaise, introduite par les guerriers maoïstes, remplaçant celle des rois guerriers qui avaient autrefois fait le Népal, que j’ai poursuivi ma formation en recherche, toujours à l’Université de Nanterre. Puis, certaines nouvelles orientations dans mon parcours universitaire et professionnel, dont un emploi récurrent d’Assistante d’éducation et une inscription dans le Master professionnel en Coopération Internationale en Education et Formation qu’a dirigé Madame Catherine Agulhon, m’ont 1