© 2007. Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés Gastroenterol Clin Biol 2007;31:934-940
934
Surgical treatment of rectal cancer:
results of a strategy for selective
preoperative radiotherapy
CANCERS DU CÔLON ET DU RECTUM
ORIGINAL
ARTICLE
Pascal FRILEUX (1), Gaëlle BURDY (1), Philippe AEGERTER (2), Geneviève DUBOST (2), Michèle BERNIER (2), May MABRO (3),
Cécile CAILLARD (1), Julien DUBREZ (1), Aude BRAMS (1)
(1) Service de chirurgie digestive, Hôpital Foch, Suresnes ; (2) Unité de recherche clinique et Service de biostatistiques, Université Paris Île-de-France Ouest,
Hôpital Ambroise-Paré, Boulogne ; (3) Service d’anatomopathologie ; (4) Service d’oncologie, Hôpital Foch, Suresnes.
SUMMARY
Aim — The indications for preoperative adjuvant therapy in rectal
cancer are still a subject of debate. The objective of this study was to
analyze the results of surgical resection and selective radiotherapy
in a group of high-risk patients (Dukes B and C) taken from a series
of 148 consecutive patients with rectal cancer.
Methods — All patients with rectal cancer considered for resection
during the period 1994-2004 were prospectively included. The policy
was to deliver preoperative radiotherapy in cases of fixed or
tethered tumors or when imaging predicted T3 tumors with positive
circumferential margins. Other tumors were resected without neo-
adjuvant therapy. All resections were done using the total mesorec-
tal excision (TME) technique.
Results — One hundred and forty-eight consecutive patients under-
went rectal resection during the study period. A sphincter-saving
technique was carried out in 134 patients (90%). No patient was
excluded from the analysis. The perioperative mortality was 2/148
(1.5%). Curative surgery was obtained in 135 patients. The
94 patients with a Dukes B or C tumor formed the high-risk group
that was the basis of our study. The mean follow-up in this group
was 58 months (range 24-120). Twenty patients (21%) received
preoperative radiotherapy (PRT) and 74 (79%) underwent surgical
resection alone. A positive circumferential margin, defined as one
that was ≤1 mm, was found in seven of the 85 patients (8.2%) for
whom this measure was available. The actuarial five-year overall
survival was 74%. Local recurrence developed in eight patients
(8.4%): four in the PRT group (20%), and four in the non-PRT group
(5.4%). Only two patients developed an isolated local recurrence.
Conclusions — Preoperative adjuvant therapy can be safely omitted
in patients who demonstrate clear circumferential margins on pre-
operative imaging, provided that adequate surgery is subsequently
performed.
RÉSUMÉ
Pascal FRILEUX, Gaëlle BURDY, Philippe AEGERTER,
Geneviève DUBOST, Michèle BERNIER, May MABRO, Cécile CAILLARD,
Julien DUBREZ, Aude BRAMS
Objectifs — Les indications du traitement néoadjuvant dans le can-
cer du rectum résécable restent discutées. Le but de cette étude est
de rapporter les résultats d’une politique de radiothérapie préopé-
ratoire sélective dans un groupe de 94 malades à haut risque
(Dukes B et C) tirés d’une série prospective de 148 malades consé-
cutifs porteurs d’un cancer du rectum.
Méthodes — Tous les malades programmés pour une résection du
rectum entre 1994 et 2004 ont été inclus prospectivement dans
l’étude. Les tumeurs fixées et les tumeurs où l’imagerie faisait
suspecter des marges de résection circonférentielle envahies ont
bénéficié d’un traitement néoadjuvant : radiothérapie ou radiochi-
miothérapie. En cas contraire, les malades étaient traités par chirur-
gie seule, complétée par une chimiothérapie en cas de stade C de
Dukes. La technique de résection était une résection complète du
mésorectum (TME). Les malades de stade de Dukes B et C étaient
sélectionnés et forment la base de cette étude.
Résultats — Cent quarante-huit malades ont eu une résection rec-
tale pendant la période d’étude. Un traitement conservateur du
sphincter a été réalisé chez 134 malades (90 %). Aucun malade n’a
été exclu de l’analyse des résultats. Deux malades sont décédés en
postopératoire (1,5 %). Un traitement curatif a été réalisé chez
135 malades survivant à l’intervention. Parmi ceux-ci, 94 étaient
stade B ou C de Dukes et forment la base de notre analyse en tant
que groupe à haut risque. Dans ce groupe, 20 malades (21 %) ont
reçu un traitement néoadjuvant tandis que 74 malades (79 %)
ont été traités par chirurgie seule. Le suivi moyen était de 58 mois
(24-120). Une marge circonférentielle positive, c’est-à-dire infé-
rieure à 1 mm, a été constatée chez 7 des 85 malades chez qui la
mesure en a été faite (8,2 %). La survie actuarielle à 5 ans était de
74 %. Une récidive locale est apparue chez 8 malades (8,5 %) :
4 dans le groupe chirurgie seule (5,4 %) et 4 dans le groupe radio-
thérapie + chirurgie (20 %). Seuls 2 malades avaient une récidive
locale isolée sans métastase à distance.
Conclusion — Dans le cadre d’une chirurgie rigoureuse de
type « résection complète du mésorectum », la radiothérapie préo-
pératoire n’est pas obligatoire lorsque l’examen clinique et l’image-
rie permettent de prévoir des marges de résection circonférentielle
négatives. Cette stratégie permet d’obtenir d’excellents résultats
avec une exposition minimum des malades à la radiothérapie et à
ses effets secondaires.
Reprints: P. FRILEUX, Hôpital Foch, 40, rue Worth,
92151 Suresnes Cedex.
E-mail: p.frileux@hopital-foch.org
Traitement chirurgical du cancer du rectum :
résultats d’une stratégie de radiothérapie sélective
(Gastroenterol Clin Biol 2007;31:934-940)